Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Dimanche, 26 Décembre 2010 10:44

Notre paire
Notre paire quiète, ô yeux !
que votre « non » soit sang( t’y fier ?)
que votre araignée rie,
que votre vol honteux soit fête ( au fait)
sur la terre( commotion)
Donnez-nous, aux joues réduites,
notre pain quotidien.
Part, donnez-nous, de nos œufs foncés
comme nous part donnons
A ceux qui nous ont offensés.
Nounou laissez-nous succomber à la tentation
et d’aile ivrez-nous du mal
Corps et bien 1930
Robert Desnos
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 22 Décembre 2010 07:51

L’esprit raffiné
Quand j’examine, pour le meilleur et le pire,
Sur quoi mon amour a pu s’établir-
Une bouche en coeur, une belle musculature,
Un sourcil perplexe, une habile tournure
De phrases éprouvées comme le péché ;
Un menton en galoche, l’oreille effilée,
Une fine silhouette, et des yeux fendus,
Ni froids, ni bons, sans sagesse contenue-
Quand ainsi je sonde, en mon for intérieur,
Tous ces petits riens qui contentent mon cœur,
Ces vétilles prosaïques qui m’ont envoûtées,
Je m’éblouis de ma banalité.
Dorothy Parker
D'autres poèmes en français ici et bravo à l'auteur des traductions :-)
http://dottyparker.blogspot.com/search?updated-max=2007-09-14T15%3A54%3A00-07%3A00&max-results=7
Mis à jour (Jeudi, 16 Décembre 2010 08:00) Écrit par Fany Jeudi, 16 Décembre 2010 07:56

La cascade du Rouget
L'hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.
La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !
Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c'est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !
Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l'homme plein d'envie ;
Doute du prêtre et de l'autel ;
Mais crois à l'amour, ô ma vie !
Crois à l'amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l'amour, tison du foyer !
A l'amour, rayon des étoiles !
Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.
La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l'indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.
Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s'éclaire de ce qui brûle.
A ces démons d'inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu'ils t'ont vomi de haine.
La haine, c'est l'hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l'orage !
Garde ton amour éternel.
L'hiver, l'astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !
Vicor Hugo
Les obsèques de Victor Hugo furent la première grande manifestation populaire après l’écrasement de la Commune de Paris de 1871; elle fut immense ! Les historiens s’accordent à dire que 3.000.000 de personnes vinrent rendre hommage au poète. C’est aussi en cette circonstance que la toute jeune Troisième République transforma l’ancienne église Sainte Geneviève en Panthéon.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Vendredi, 10 Décembre 2010 06:55
L'enfant qui battait la campagne
Vous me copierez deux cents fois le verbe :
Je n'écoute pas. Je bats la campagne.
Je bats la campagne, tu bats la campagne,
il bat la campagne à coups de bâton.
La campagne ? Pourquoi la battre ?
Elle ne m'a jamais rien fait.
C'est ma seule amie, la campagne.
Je baye aux corneilles, je cours la campagne.
Il ne faut jamais battre la campagne :
on pourrait casser un nid et ses oeufs.
On pourrait briser un iris, une herbe,
on pourrait fêler le cristal de l'eau.
Je n'écouterai pas la leçon.
Je ne battrai pas la campagne.
Claude ROY- Enfantasque-
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 08 Décembre 2010 07:27

Jeune-femme-dans-le-jardin-fleuri
Victor Gabriel Gilbert, français (1847-1935)
Il y a
Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.
Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses thé,
Roses pâles d’amour qui couronnent ta tête,
S’effeuillent chaque été ?
Leurs tiges vont plier au grand vent qui s élève.
Des pétales de rose ont chu dans le chemin.
O Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêve
Se faneront demain !
Mets-les dans une coupe et toutes portes closes,
Alanguis et cruels, songeant aux jours défunts,
Nous verrons l’agonie amoureuse des roses
Aux râles de parfums.
Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,
Les papillons de jour vers d’autres fleurs ont fui,
Et seuls, dorénavant viendront au jardin triste,
Les papillons de nuit.
Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.
Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.
Belle, sanglote un peu … Chaque fleur qui se fane,
C’est un amour qui meurt.
Guillaume Apollinaire
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Jeudi, 02 Décembre 2010 20:45
Trouvée sur le Net
On connaît toujours trop les causes de sa peine,
Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;
Je m'éveille parfois l'âme toute sereine,
Sous un charme étranger que je ne peux saisir.
Un ciel rose envahit mon être et ma demeure,
J'aime tout l'univers, et, sans savoir pourquoi,
Je rayonne. Cela ne dure pas une heure,
Et je sens refluer les ténèbres en moi.
D'où viennent ces lueurs de joie instantanées,
Ces paradis ouverts qu'on ne fait qu'entrevoir,
Ces étoiles sans noms dans la nuit des années,
Qui filent en laissant le fond du coeur plus noir ?
Est-ce un avril ancien dont l'azur se rallume,
Printemps qui renaîtrait de la cendre des jours
Comme un feu mort jetant une clarté posthume ?
Est-ce un présage heureux des futures amours ?
Non. Ce mystérieux et rapide sillage
N'a rien du souvenir ni du pressentiment ;
C'est peut-être un bonheur égaré qui voyage
René-François SULLYPRUDHOMME

Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 29 Novembre 2010 18:59

I
Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.
Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants ;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps ;
Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.
Théophile Gautier

De Corse ! ;-)
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 22 Novembre 2010 20:22
Les Blogs, ces nouvelles empreintes....

Grotte sous-marine Cosquer (Bouches-du-Rhône)
L'empreinte
Je m'appuierai si bien et si fort à la vie,
D'une si rude étreinte et d'un tel serrement,
Qu'avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s'échauffera de mon enlacement.
La mer, abondamment sur le monde étalée,
Gardera, dans la route errante de son eau,
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.
Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir,
Et la cigale assise aux branches de l'épine
Fera vibrer le cri strident de mon désir.
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle,
Et le gazon touffu sur le bord des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.
La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l'air ma persistante ardeur,
Et sur l'abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon coeur...
Anna de NOAILLES
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 22 Novembre 2010 07:22

Photo trouvée sur le Net
La dernière pomme
Vais-je tomber, ne pas tomber ?
Se disait la dernière pomme.
J'ai résisté aux vents d'automne,
Aux pluies, aux premières gelées :
- Il ne faut pas que j abandonne
Mon fidèle ami, le verdier.
Vais-je tomber, ne pas tomber ?
Il y va de mon cœur de pomme.
Je suis d'or rouge et de miel jaune
Comme une lune à son lever
Et j'éclaire tout le pommier.
Non, non, verdier, je me cramponne,
J'attendrai l'hiver pour tomber.
Maurice Carême
Mis à jour (Samedi, 13 Novembre 2010 09:17) Écrit par Fany Jeudi, 11 Novembre 2010 16:31
Le poète algérien reçoit encore une distinctionet plaide pour des espaces d'expression. Cité dans l'encyclopédie des poètes algériens de Ali El Hadj Tahar, parue aux éditions Dalimen (2009), Kenzy Dib publie régulièrement ses écrits dans des revues européennes de poésie, notamment françaises, et il est reste plus connu de l'autre côté de la Méditerranée que dans son pays. Cela s'explique par le peu d'espaces et de publications destinés à ce genre en Algérie et la domination sans partage des romans et essais dans le champ éditorial, à quelques exceptions près. Cela explique aussi que les distinctions viennent plus d'ailleurs que d'ici. Samedi 19 décembre 2009, Kenzy Dib devrait être à Paris pour recevoir au siège de la SPF (Société des poètes français) le prix A. Lefeuvre. Cette distinction suit plusieurs autres obtenues par cette plume de talent : un prix hors-concours aux Poésiades de Béjaïa (1990), le premier prix H. Caudron (France, 2004) et le prix d'excellence Poètes d'aujourd'hui (France, 2005).Ces récompenses encouragent bien sûr leur bénéficiaire mais, par-là même, l'amènent à réfléchir sur le sort de la poésie dans notre pays. Ainsi, nous a-t-il confié : « L'objectif final recherché à travers mes contributions en Algérie ou ailleurs, ainsi que ma participation aux concours ne vise en aucun cas l'obtention d'un prix, mais de recueillir le regard extérieur porté sur mes textes par ceux qui les lisent. El Hadj Tahar Ali dans son Encyclopédie algérienne l'a très bien compris et repris au cours de sa présentation de mes écrits. Il est grand temps de mettre en place des espaces de création pour nos auteurs, y compris scientifiques, et autres acteurs de la scène culturelle dans notre pays à travers des supports médias spécialisés et croyez-moi, il en existe chez nous et même hors de chez nous. Il faut drainer toutes ces énergies ». Voilà qui est entendu. En attendant, toutes nos félicitations au poète.
Michel Benard lauréat de l'académie française , chevalier dans l'ordre des arts et des lettres , peintre et poète a écrit entre autres dans le cadre d'un hommage rendu à l'auteur au siége de la Société des poètes français à Paris
"je demeure ébloui ,transporté par la riche et si personnelle écriture de Kenzy Dib ....ce merveilleux poéte qu'il est et dont l'oeuvre doit être absolument portée à la lumière "

Parcours
Tu es parole , écharpe du vent,
et tu entraines
les pleurs des pluies ,
dans mon impuissance
à séparer les regards
Nos nuits ne sont plus fixées au ciel,
elles s'éparpillent ,
elles naissent au-dessus des remparts
Elles dorment dans des lampes
qui s'en vont le matin
S'assemblent les noeuds de nos cordes,
chemin pour les lèvres fanées,
pour l'étoile encore chaude
sous la peau incertaine
Tout est insaississable , en gestation ,
en voyage
Juste un brouillard ,
à la taille des îles closes,
planté sur les pavés lointains
qui peinent à se réveiller
Kenzy Dib
Copyright Kenzy Dib Texte inédit qui m'a été offert par l'auteur :-)
Mis à jour (Lundi, 08 Novembre 2010 08:01) Écrit par Fany Lundi, 08 Novembre 2010 07:51

Trouvée sur le net
L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.
Arthur Rimbaud

Lune Rousse
Trouvée là :www.images-in-air.fr/
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 01 Novembre 2010 08:32

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blémir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelles
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
Jacques Prévert

Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 20 Octobre 2010 16:56

Sous la pluie de ce mercredi...
Rêves d'automne
Méditations poétiques
Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui
Je me retourne encore et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !
Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme et m’aurait répondu ? ...
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyr ;
A la vie, au soleil, ce sont là mes adieux ;
Moi, je meurs et mon âme au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 19 Octobre 2010 10:57

Encore une fois
Le cœur se donne
A nos mains souveraines
Une brèche d’amour
D’autres voyages
D’autres draps dépliés
Quelqu’un pose à nouveau
Une main sur nos temps
Pour adoucir la nuit
Encore cette fois
Nous portons le futur.
MIREILLE FARGIER-CARUSO
-------------------------------------------
Quel rapport avec cette journée de manifestations? sans doute, que nous portons le futur !
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Samedi, 16 Octobre 2010 06:36

Les Lavandières
Jean-François Millet (1814 - 1875)
LE CUL DES LAVANDIERES
Machine à laver nucléaire
Femme libérées austères
Nouvelle blancheur publicitaire
Modernité sans chair
Les petits lavoirs
Se sont fait avoir
Sortez vos papiers mouchoirs
Il n'y a plus rien a voir
Le cul des lavandières c’était ma prière
D’en voir un à découvert
Si vous êtes aux cieux, mon père
Faites moi faire
Une marche arrière
C’était Agathe ou Joséphine
Clémence ou Érnestine
C’était mes copines
Qui ne portaient pas de jean
Madame la comtesse
Économise tes fausses promesses
J’ai perdu ton adresse
Je sais ce qu’est la vraie noblesse
Le cul des lavandières
Ma cause humanitaire
J’en étais expert
De tout ces derrières
Qui ne faisait pas de manières,
Qui ne demandaient pas d’honoraire
Je vous laisse la mer
Mais rendez-moi mes rivières
Mes petits ruisseaux de naguère
Mes petits lavoirs populaires
Bye’ bye les amis
Adieu Valérie
Je vais refaire ma vie
Avec la Mère Denis
Éric Chardin , octobre 2010
Mis à jour (Mardi, 12 Octobre 2010 06:16) Écrit par Fany Mardi, 12 Octobre 2010 06:10

Trouvée là : inflorescences.blog4ever.com/blog/photos-9617
Etranges fleurs
L'automne met dans les lilas
D'étranges fleurs que nul ne voit,
Des fleurs aux tons si transparents
Qu'il faut avoir gardé longtemps
Son âme de petit enfant
Pour les voir le long des sentiers
Et pour pouvoir les assembler
En un seul bouquet de clarté
Comme font, à l'aube, les anges
Les mains pleines d'étoiles blanches...
Maurice Careme

Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 04 Octobre 2010 06:02

Les saisons et l'amour
Le gazon soleilleux est plein
De campanules violettes,
Le jour las et brûlé halette
Et pend aux ailes des moulins.
La nature, comme une abeille,
Est lourde de miel et d'odeur,
Le vent se berce dans les fleurs
Et tout l'été luisant sommeille.
Ô gaieté claire du matin
Où l'âme, simple dans sa course,
Est dansante comme une source
Qu'ombragent des brins de plantain !
De lumineuses araignées
Glissent au long d'un fil vermeil,
Le coeur dévide du soleil
Dans la chaleur d'ombre baignée.
Ivresse des midis profonds,
Coteaux roux où grimpent des chèvres,
Vertige d'appuyer les lèvres
Au vent qui vient de l'horizon ;
Chaumières debout dans l'espace
Au milieu des seigles ployés,
Ayant des plants de groseilliers
Devant la porte large et basse ...
Soirs lourds où l'air est assoupi,
Où la moisson pleine est penchante,
Où l'âme, chaude et désirante,
Est lasse comme les épis.
Plaisir des aubes de l'automne,
Où, bondissant d'élans naïfs,
Le coeur est comme un buisson vif
Dont toutes les feuilles frissonnent !
Nuits molles de désirs humains,
Corps qui pliez comme des saules,
Mains qui s'attachent aux épaules,
Yeux qui pleurent au creux des mains.
Ô rêves des saisons heureuses,
Temps où la lune et le soleil
Écument en rayons vermeils
Au bord des âmes amoureuses ...
Anna de Noailles ("Le Cœur innombrable")
Mis à jour (Vendredi, 01 Octobre 2010 10:59) Écrit par Fany Jeudi, 30 Septembre 2010 06:44
Danseuse de cali au festival pikkeling en 2008. Photo du net.
http://www.visoterra.com/voyage-premier-voyage-de-luc/joie-de-vivre.html
Puisque la sensation prime.
puisque la sensation prime
qui se soucie
de la syntaxe des choses
ne t’embrassera jamais totalement
totalement pour te mystifier
tandis que le printemps est sur la terre
mon sang approuve,
et les baisers sont un sort bien meilleur
que l’érudition
femme je ne jure que par les fleurs. Ne pleure pas
-- la plus belle expression issue de ma cervelle est moindre que
celle du battement de ta paupière qui dit
nous sommes faits pour l’un l’autre : alors
ris, reposant dans mes bras
car la vie n’est pas un paragraphe
Et la mort je pense n’est pas une parenthèse
Traduction de Chrixcel
since feeling is first
who pays any attention
to the syntax of things
will never wholly kiss you;
wholly to be a fool
while Spring is in the world
my blood approves,
and kisses are a far better fate
than wisdom
lady i swear by all flowers. Don't cry
--the best gesture of my brain is less than
your eyelids' flutter which says
we are for eachother: then
laugh, leaning back in my arms
for life's not a paragraph
And death i think is no parenthesis
E.E Cumming
Mis à jour (Mercredi, 29 Septembre 2010 20:32) Écrit par Fany Mercredi, 29 Septembre 2010 18:45
"Edward Estlin Cummings, mieux connu sous le diminutif de E. E. Cummings (14 octobre 1894 – 3 septembre 1962), est un poète, écrivain et peintre américain. Son œuvre est composée de plus de neuf cents poèmes, quelques pièces, des essais, et de deux nouvelles ainsi que de nombreux dessins, esquisses et peintures. Il fut l'un des grands poètes du XXe siècle et l'un des plus populaires."


« Le poème peut dire l’amour et cela n’a rien de suranné. Les êtres qui s’aiment ont la force d’une galaxie. Être vivant c’est être amoureux, vivre pleinement, de manière démultipliée, plus encore que par deux. L’amour est la victoire que nous consent le temps sous le regard bienveillant des astres. Le miracle, s’il est possible, est ici-bas, dans un baiser. » – Extrait de la préface de Jacques Demarcq-

"TRANSPORTER votre cœur avec le mien" Poème 92
je porte en moi ton cœur(le gardant tout au fond
de mon cœur)je ne suis jamais sans(aussi loin
que j'aille tu vas, ma chérie; et tout ce que font
mes mains est fait par toi mon amour)
je ne crains
nul destin (car tu es mon, ma douce)ne désire
nul univers(car vraie tu es le mien, ma belle)
et c'est toi ce que toujours chantera un soleil
tel est le grand secret dont pas un ne se doute
(racine de la racine et bouton de la fleur
et ciel du ciel d'un arbre appelé vie; qui pousse
plus haut que l'âme n'espère ou que l'esprit ne voile)
et la merveille qui fait tourner rond les étoiles
je porte en moi ton cœur(tout au fond de mon cœur)
Traduction de Jacques Demarcq
Merci à Brigitte pour m'avoir aidé dans ma recherche.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Dimanche, 26 Septembre 2010 20:28

Partition d'automne
Image de la Dépêche 2009
Quand vient l’automne
On voit, quand vient l’automne, aux fils télégraphiques
De longues lignes d’hirondelles grelotter.
On sent leurs petits coeurs qui ont froid s’inquiéter.
Même sans l’avoir vu, les plus toutes petites
Aspirent au ciel chaud et sans tâche d’Afrique.
C’est dur d’abandonner le porche de l’église !
Dur qu’il ne soit plus tiède ainsi qu’aux mois passés !
Oh ! Comme elles s’attristent ! Oh ! Pourquoi le noyer
Les a-t-il donc trompées en n’ayant plus de feuilles ?
La nichée de l’année ne le reconnaît point,
Ce printemps que l’automne a recouvert de deuil.
Francis JAMMES (1868 – 1938)
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Dimanche, 19 Septembre 2010 18:26

Au commencement, Dieu créa le chat à son image.
Et bien entendu, il trouva que c'était bien.
Et c'était bien d'ailleurs.
Mais le chat était paresseux.
Il ne voulait rien faire.
Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme.
Uniquement dans le but de servir le chat,
De lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps.
Au chat, il avait donné l'indolence et la lucidité;
À l'homme, il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail.
L'homme s'en donna à cœur joie.
Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention,
La production et la consommation intensive.
Civilisation qui n'avait en réalité qu'un seul but secret:
Offrir au chat le confort, le gîte et le couvert.
(Jacques Sternberg)
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Jeudi, 09 Septembre 2010 06:47

SEPTEMBRE
Septembre ! Septembre !
Cueilleur de fruits, teilleur de chanvre,
Aux clairs matins, aux soirs de sang,
Tu m'apparais
Debout et beau,
Sur l'or des feuilles de la forêt,
Au bord de l'eau.
En ta robe de brume et de soie,
Avec ta chevelure qui rougeoie
D'or, de cuivre, de sang et d'ambre
Septembre !
Avec l'outre de peau obèse,
Qui charge tes épaules et pèse,
Et suinte à ses coutures vermeilles
Où viennent bourdonner les dernières abeilles !
Septembre !
Le vin nouveau fermente et mousse de la tonne
Aux cruches ;
La cave embaume, le grenier ploie ;
La gerbe de l'été cède au cep de l'automne,
La meule luit des olives qu'elle broie.
Toi, Seigneur des pressoirs, des meules et des ruches,
O Septembre ! chanté de toutes les fontaines,
Ecoute la voix du poème.
Le soir est froid,
L'ombre s'allonge de la forêt
Et le soleil descend derrière les grands chênes.
Henri de REGNIER

Mis à jour (Samedi, 04 Septembre 2010 09:57) Écrit par Fany Samedi, 04 Septembre 2010 09:53
Trouvée sur le Net L'enfant précoce Une lampe naquit sous la mer Un oiseau chanta Alors dans un village reculé Une petite fille se mit à écrire Pour elle seule Le plus beau poème Elle n'avait pas appris l'orthographe Elle dessinait dans le sable Des locomotives Et des wagons pleins de soleil Elle affrontait les arbres gauchement Avec des majuscules enlacées et des cœurs Elle ne disait rien de l'amour Pour ne pas mentir Et quand le soir descendait en elle Par ses joues Elle appelait son chien doucement Et disait « Et maintenant cherche ta vie ». René Guy Cadou
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Vendredi, 03 Septembre 2010 05:43

Septembre
À la fin de septembre les étoiles refroidissent
et il y a dans le pré une odeur de pommes trop mûres
J'aimerais que la mer qui voyage sans cesse
m'écrive une lettre de sel très blanc avec juste une ombre de mélancolie
où elle me parlerait de pays très lointains et de rivages verts
une lettre pour l'automne Nous la lirions sous la lampe
parce que les journées raccourcissent au moment des vendanges
et que l'océan est loin malgré le vent qui nous en parle
J'ai monté des bûches et le petit bois pour allumer du feu
et je regarderai la flamme danser sur tes pommettes
Le Haut Bout
Jeudi de l'Ascencion
12 mai 1983
Claude Roy
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 31 Août 2010 17:51

L'Odeur de mon pays...
L'odeur de mon pays était dans une
Je l'ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un vert.
L'herbe haute sentait le et la
,
L'ombre des y allongeaient des raies,
Et j'entendais le bruit des, plein les haies,
Se mêler au retour des de midi...
Combien de fois, ainsi, l'automne et
Me vit-elle, au milieu du soleil et, debout,
Manger, les fermés, la
rebondie
De tes , copieuse et forte
?...
Ah! je ne guérirai jamais de mon pays!
N'est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans la fraîcheur, la paix et toute l'innocence?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?...

Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?...
Lucie DELARUE-MARDRUS, Ferveur (1902)
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