Écrit par Fany Mardi, 09 Février 2010 19:51

En ramassant l’argent aux caisses, madame Gilot, m’annonça qu’à la pause, monsieur Gilot désirait me voir. J’acquiesçais tout en continuant mon travail.
Eric voulait me voir..., Eric, je le connaissais depuis les bancs de la maternelle, nous avions été dans les mêmes classes jusqu’au collège. Lorsqu’il m’avait embauché dans sa « Superette », cela faisait maintenant six ans, il m’avait signifié que nous devions nous vouvoyer, que son poste et blablabla… je lui avais répondu « comme tu voudras » .
Son bureau surplombait le magasin, tout comme celui de l’agent comptable qui se trouvait être son épouse.
Je me présentais donc à l’heure dite.
-Bonjour Hélène, asseyez-vous…
-Bonjour Monsieur Gilot.
-Hélène, il faut que nous parlions… c’est un peu délicat. -Il marqua une pose-J’ai eu quelques échos qui m’interpellent vous concernant, vous et un magasinier et je crains que cette histoire ne fasse une mauvaise publicité au magasin, ici tout le monde se connait… nous sommes dans une petite ville.
-J’ai besoin de quelques explications, Monsieur Gilot…
-Mathieu car c’est de Mathieu dont il s’agit, passe toutes ses pauses avec vous et depuis qu’il est là, vous semblez oublier vos autres collègues, vous arrivez ensemble, repartez de même…
-Mais encore ? Mon travail et le sien en souffrent-ils ?
-Je ne peux dire cela, mais l’ambiance n’est plus la même et certaines de vos collègues s’en plaignent.
-Le fait de sympathiser plus avec l’un ou l’autre n’est pas un délit que je sache, quel est donc le véritable problème ? Vous savez, aux pauses, chacun s’occupe sans vraiment se soucier du voisin, de la voisine. Est-ce le fait que Mathieu soit beaucoup plus jeune que moi et qu’il ait repoussé les avances de Mme Perrin ?
-Je ne suis pas au courant de cette histoire, et de la part de Catherine, je suis surpris. J’ai du mal à prêter foi à vos dires.
- Il s’épongea le front, visiblement mal à l’aise, cet entretien prenait un tour imprévu-.
-Enfin, revenons à notre affaire c'est-à-dire Vous et Mathieu, j’aimerais que vous preniez certaines distances. Vous savez, les gens jasent !
-On ne pourra pas les empêcher de jaser, que ce soit sur moi ou même sur vous.
-Sur moi ?
-Oui, par exemple sur le fait que Mme Perrin soit affectée au service comptabilité depuis quelques temps les après-midi, alors que votre épouse n’est pas là…
Un fracas de tasse brisée suivit mes paroles, Mme Gilot écoutait vraisemblablement derrière la porte.
Je repris :
-Cette situation m’est vraiment très pénible Monsieur Gilot et je pense qu’il est mieux pour moi que je quitte votre entreprise… - il était livide- à l’amiable de préférence… Si vous voulez, en fin de semaine…
Je jetais un coup d’œil à la pendule.
Je poursuivis :
- Ma pause se termine, nous verrons à votre convenance pour régler les formalités.
Il ne me répondit pas et je quittais le bureau.
A midi, je croisais Catherine aux vestiaires.
-Qu’est-ce qu’il te voulait le patron ?
-Il doit restructurer l’entreprise, je suis la première de la liste, donc, ce n’est que le début… elle afficha une mine réjouie, puis sembla moins sûre d’elle.
J’ajoutais :
Je ne sais rien de plus, mais vous serez sans doute toutes et tous convoqués…
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Je n’avais pour ma part aucun souci à me faire, un de nos bons clients- Monsieur Robinson-, me proposait un poste plus important depuis un certain temps,et, si j’avais différé ma réponse, c’était pour être un peu plus avec Mathieu et le guider dans ce nouveau travail ; ses parents comptaient sur moi. Je ne l’avais pas revu depuis sa plus tendre enfance, car à cette époque, ils étaient partis s’installer en Guadeloupe. Pas de soucis, Mathieu était sérieux, un bon petit gars, mon neveu !
Fan'

Commentaires
Kissss…
Fan' Citer
une lettre qu'on jette,comme souvent on n' a pas le temps mais l'oubli fait son nid dans l'erreur et puis en douceur
Il court dans les rues ce bruit inconnu et dans les campagnes et dans les montagnes,La Rumeur parfois on en pleure La Rumeur,La Rumeur parfois on en meurt La Rumeur
Elle rentre,elle se glisse,sous la lampe elle se rapetisse,elle poursuit, elle grandit dans les coeurs,c'est ça La Rumeur
elle campe bien docile,elle tremble dans les eaux tranquilles elle apporte sous les portes cette odeur comme une vieille fleur
Et derrière les dos,derrière les rideaux,au fond des impasses,ses phrases à voix basses,La Rumeur parfois on en pleure La Rumeur ,La Rumeur parfois on en meurt,La Rumeur Citer
Je t'avoue ne pas connaître la discographie de ce chanteur, à part " Enfants de tous pays"… Citer