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On jase à la "Superette" ;-)

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En ramassant l’argent aux caisses, madame Gilot,  m’annonça  qu’à la pause, monsieur Gilot désirait me voir. J’acquiesçais  tout en continuant mon travail.

Eric voulait me voir..., Eric, je le connaissais depuis les bancs de la maternelle, nous avions été dans les mêmes classes jusqu’au collège. Lorsqu’il m’avait embauché dans sa « Superette », cela faisait maintenant six ans, il m’avait signifié que nous devions nous vouvoyer, que son poste et blablabla…  je lui avais répondu «  comme tu voudras » .

Son bureau surplombait le magasin, tout comme celui de l’agent comptable qui se trouvait être son épouse.

Je me présentais donc à l’heure dite.

-Bonjour Hélène, asseyez-vous…

-Bonjour Monsieur Gilot.

-Hélène, il faut que nous parlions… c’est un peu délicat. -Il marqua une pose-J’ai eu quelques échos qui m’interpellent vous concernant, vous et un magasinier et  je crains que cette histoire ne fasse une mauvaise publicité au magasin, ici tout le monde se connait… nous sommes dans une petite ville.

-J’ai besoin de quelques explications, Monsieur Gilot…

-Mathieu car c’est de Mathieu  dont il s’agit, passe toutes ses pauses avec vous et depuis qu’il est là, vous semblez oublier vos autres collègues, vous arrivez ensemble, repartez de même…

-Mais encore ? Mon travail et le sien en souffrent-ils ?

-Je ne peux dire cela, mais l’ambiance  n’est plus la même et certaines de vos collègues s’en plaignent.

-Le fait de sympathiser plus avec l’un ou l’autre n’est pas un délit  que je sache, quel est donc le véritable problème ? Vous savez, aux pauses, chacun s’occupe sans vraiment se soucier du voisin, de la voisine. Est-ce le fait que Mathieu soit beaucoup plus jeune que moi et qu’il ait repoussé les avances  de   Mme Perrin ?

-Je ne suis pas au courant de cette histoire, et de la part de Catherine, je suis surpris. J’ai du mal à prêter foi à vos dires.

-  Il s’épongea le front, visiblement mal à l’aise, cet entretien prenait un tour imprévu-.

-Enfin, revenons à notre affaire c'est-à-dire Vous et Mathieu, j’aimerais  que vous preniez certaines distances. Vous savez, les gens jasent !

-On ne pourra pas les empêcher de jaser,  que ce soit sur moi ou même sur vous.

-Sur moi ?

-Oui, par exemple sur le fait que Mme Perrin  soit affectée au service comptabilité depuis quelques temps les après-midi, alors que votre épouse n’est pas là…

 

Un fracas de tasse brisée suivit mes paroles, Mme Gilot écoutait vraisemblablement  derrière la porte.

Je repris :

-Cette situation m’est vraiment très pénible Monsieur Gilot et je pense qu’il est mieux pour moi que je quitte votre entreprise… - il était livide-  à l’amiable de préférence… Si vous voulez, en fin de semaine… 

Je jetais un coup d’œil à la pendule.

Je poursuivis :

- Ma pause se termine, nous verrons à votre convenance pour régler les formalités.

Il ne me répondit  pas et je quittais le bureau.

 

 A midi, je croisais Catherine aux vestiaires.

-Qu’est-ce qu’il te voulait le patron ?

-Il doit restructurer l’entreprise, je suis la première de la liste, donc, ce n’est que le début… elle afficha une mine réjouie, puis  sembla moins sûre d’elle.

J’ajoutais :

Je ne sais rien de plus, mais vous serez sans doute  toutes et tous convoqués…

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 Je n’avais pour ma part aucun souci à me faire, un de nos bons clients- Monsieur Robinson-, me proposait un poste plus important depuis un certain temps,et, si j’avais  différé ma réponse, c’était  pour être un peu  plus avec Mathieu  et le guider dans ce nouveau travail ; ses parents comptaient sur moi.  Je ne l’avais pas revu depuis sa plus tendre enfance, car  à cette époque, ils étaient partis s’installer en Guadeloupe. Pas de soucis, Mathieu était sérieux, un bon petit gars, mon neveu !

 

Fan'

 

 

Commentaires 

 
0 #7 floria 2010-02-10 23:28 Si je peux me permettre, face aux textes magnifiques de Teiwa et de Fany aussi ! Félicie aussi… !!! La rumeur est un venin ou poison aussi éphémère que la flamme d'une bougie. Elle s'enflamme avec force et vigueur, mais s'éteind au moindre souffle de la vérité ! alors aucune crainte à avoir, dés l'instant que nous parvenons à ne pas nous y attacher ! bonne fin de soirée. Citer
 
 
0 #6 Fany 2010-02-10 23:04 Merci Teiwas… un vaste sujet…la "rumeur"… apologie ou jalousie?

Kissss…

Fan'
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0 #5 Teiwas 2010-02-10 13:19 la fenêtre est ouverte,on l'entend porter par le vent c'est un bruit infini qui fait peur,c'est un voyage.
une lettre qu'on jette,comme souvent on n' a pas le temps mais l'oubli fait son nid dans l'erreur et puis en douceur

Il court dans les rues ce bruit inconnu et dans les campagnes et dans les montagnes,La Rumeur parfois on en pleure La Rumeur,La Rumeur parfois on en meurt La Rumeur

Elle rentre,elle se glisse,sous la lampe elle se rapetisse,elle poursuit, elle grandit dans les coeurs,c'est ça La Rumeur
elle campe bien docile,elle tremble dans les eaux tranquilles elle apporte sous les portes cette odeur comme une vieille fleur

Et derrière les dos,derrière les rideaux,au fond des impasses,ses phrases à voix basses,La Rumeur parfois on en pleure La Rumeur ,La Rumeur parfois on en meurt,La Rumeur
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0 #4 Fany 2010-02-10 11:38 Je ne sais pas bien non plus Nigloo, elle est née avant hier soir, je n'arrivais pas à dormir, le matin, je me suis rappelé, puis… Citer
 
 
0 #3 Fany 2010-02-10 11:36 Bonjour Evelyne,

Je t'avoue ne pas connaître la discographie de ce chanteur, à part " Enfants de tous pays"…
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0 #2 Evelyne Roullet 2010-02-10 09:55 Cela m'a fait penser à la chanson d'Enrico Macias "La rumeur" Citer
 
 
0 #1 nigloo 2010-02-10 00:14 je ne sais pas d'ou`sort cette histoire mais c'est joliment bien raconté!! Citer
 

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