

Mis à jour (Vendredi, 05 Mars 2010 18:49) Écrit par Fany Vendredi, 05 Mars 2010 18:38
LE SEIGNEUR SANS VISAGE
Extrait
Les premières lignes…
"La peur a tant de noms. Et soudain, j’ai l’impression de les connaître tous : épouvante, effroi, frayeur, horreur, panique, terreur…
Ici, dans le château de la Roche-Guyon, elle est partout. Elle rampe le long des murs humides, fait grincer portes et planchers, hurler les chiens au chenil, trembler les femmes et murmurer les hommes.
Elle est dans cette falaise et ce noir donjon qui la surplombe, dans ces souterrains qu’on dit mener aux Enfers. Ces souterrains où, en des temps reculés, parlaient les oracles.
La peur est ici chez elle, comme la brume est à sa juste place sur l’étendue boueuse des marécages."
Résumé
Tir à l’arc et duel au corps à corps sont au nombre des épreuves qui attendent le jeune Michel de Gallardon au château de la Roche-Guyon. Mais son apprentissage de chevalier est tragiquement interrompu par une série de meurtres. Guillaume, le maître des lieux, reste reclus dans son donjon alors que son épouse, la belle Morgane, semble en danger… prêt à tout pour la protéger, Michel fait le serment de percer le secret du seigneur sans visage.
Mais la vérité n’est pas toujours belle à voir…
Pour les jeunes qui aiment l'aventure et les mystères... dès 11 ans.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Dimanche, 21 Février 2010 18:24

Un roman d'Evelyne Brisou-Pellen, édité chez Gallimard en 1998,
dans la collection Folio junior.
Jordane habite à l'extérieur d'un village, seule avec ses deux petites sœurs. Un village auquel on vient de rajouter un pont qu'on lève la nuit venue. Parce que c'est l'hiver et que les loups sont de retour. Parce que Jordane, ayant passé quelques mois avec les loups quand elle était enfant, comprend les loups, ce que les villageois ne comprennent pas. Ils la croient sorcière ou loup-garou ? Jordane commence à manquer d'argent pour vivre, heureusement que son oncle, le meunier qu'elle n'aime guère, lui vient en aide.
Arrive Garin, le scribe, qui a traversé la forêt en ayant peur des loups. Il est bien heureux de trouver cette maison. Garin est futé, il utilise la peur que les villageois ont des loups, pour les inciter à rédiger leur testament, moyennant contrepartie, cela va de soi. Comme c'est un garçon futé, il choisit de ne pas séjourner plus longtemps chez Jordane et de s'installer au village, chez la veuve Guillou, pour faire de meilleures affaires, et pour mieux observer ce qui se passe.
Il s'aperçoit vite que des gens ont intérêt à ce que Jordane disparaisse. Quand un jeune berger est blessé, quand des moutons sont égorgés, les villageois ne se posent pas de question, ils accusent de suite la jeune fille.
Alors, il cherche, attentif à ce qu'il voit, retenant ce qu'il entend. Puis il retourne s'installer chez Jordane Prigent. Il essaie de comprendre pour quelle raison son père, un bon père et un bon chrétien, ne revient pas de Saint Jacques de Compostelle.
Arrivera-t-il à sauver Jordane du bûcher ?
Ce roman fait suite à L'inconnu du donjon, dans la même collection, où apparaît Garin Trousseboeuf et qui se passe en 1354 dans le château de Montmuran, entre Dinan et Rennes. L'hiver des loups se passe à la même époque, quelque part en Bretagne. Garin, enfant, a été à l'Abbaye de Bégard (Côtes d'Armor). Les personnages portent des noms du cru : Jordane est une Prigent, l'oncle est un Macé. Je connais plein d'endroits qui pourraient être la campagne ou les bois décrits dans le roman. C'est par ces petites touches historiques qu'Evelyne Brisou-Pellen donne à ses romans un effet de réalité. Quand on est dans la lecture, les personnages et les lieux, les ambiances et les actions, les coutumes et les croyances, tout est vrai.
Toutefois, plus qu'un roman historique, c'est un roman à énigme, avec de l'aventure, du mystère, les ingrédients de la vie quotidienne. L'auteur maîtrise le récit jusqu'à la fin et prouve, une fois de plus, qu'elle sait raconter des histoires. Et dans un roman, on s'attend bien à trouver une histoire qui tienne debout !!!
C'est un roman envoûtant, peut-être à cause des loups... Il est donc possible qu'il détrône "La cour aux étoiles", autre roman de l'auteur, très lu dans les collèges, dont le fonds historique est le Moyen Age. .
Pour des lecteurs dès 11 ans .
Perso, j'ai beaucoup aimé...
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Vendredi, 12 Février 2010 11:35
Qu'est-ce que la vie ?
C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit.
C'est le souffle d'un bison en hiver.
C'est la petite ombre qui court dans l'herbe
et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef lackfeet

Mis à jour (Jeudi, 11 Février 2010 17:52) Écrit par Fany Jeudi, 11 Février 2010 17:43

Résumé: Violette vit seule, au fond de la forêt. Violette vit libre, une bouteille à la main. Elle connaît les plantes, les animaux, les lois de la nature. Les hommes la cherchent souvent, la trouvent aussi mais ne peuvent pas l'attraper. En tout cas pas plus que ça. Par-ci, par-là, au gré de ses promenades, sans contrainte, mais pas la peine d'essayer de la boucler dans un château, de la ligoter dans une robe et un corset, même si on l'aime et qu'on a les meilleures intentions du monde. Les femmes qu'elle fait cocues la haïssent et Violette rit, sa bouteille à la main. Parfois on cherche aussi vraiment à lui faire du mal, l'accusant de tous les vices et de tous les crimes. Mais Violette sait que, pour rester libre, il lui faudra souvent payer le prix fort.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 08 Février 2010 08:39

L’analyste nous fait entrer dans l’existence d’un psychanalyste dont la vie bien réglée à la limite de la monotonie, va être complètement bouleversée suite à une lettre anonyme – il va devoir comprendre et réagir rapidement, suspens garanti !… Attention, rien n’est acquis… !
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Samedi, 06 Février 2010 09:54

Je viens de lire cet ouvrage, j'ai pprécié la justesse de l'écriture, ce voyage dans les contrées sauvages du Canada, cette rencontre avec les Indiens...j'ai senti cette grande souffrance, celle de ces hommes et femmes, combien l'amour est puissant...
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 02 Février 2010 11:19

En forêt de Brocéliande, il existe une fontaine magique qui déclenche d'effroyables tempêtes lorsqu'on renverse son eau sur le perron qui l'entoure. A la cour du roi Arthur, Yvain, jeune chevalier fougueux, décide d'affronter Escalados le Roux, le seigneur qui protège cet endroit. Il s'y rend et blesse gravement son adversaire qui prend la fuite. Yvain le poursuit et se trouve pris au piège, pourchassé à son tour par les gens du château, désireux de venger leur maître. Comble de l'infortune, la jeune femme dont il tombe amoureux est Laudine, la veuve du chevalier vaincue !
Comment Yvain va-t-il se tirer de ce mauvais pas ? Heureusement, dans ses aventures, il pourra compter sur l'aide du Lunette, une demoiselle au service de Laudine, ainsi que sur la fidélité de son lion.
Sur cet écrit, ma fille devait dessiner des blasons pour les personnages... Voici:

Blason de Laudine

Blason de Lunette

Blason d'Yvain
Bien sûr, elle devait justifier du choix dans ses dessins!
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Samedi, 30 Janvier 2010 22:18
-la philosophie moderne ne connait plus l'intuition intellectuelle
-elle recherche l'originalité au lieu de la vérité
-elle met en avant le doute au lieu de la certitude
"Il faudrait pouvoir restituer au mot « philosophie » sa signification originelle : la philosophie —1'« amour de la sagesse » — est la science de tous les principes fondamentaux ; cette science opère avec l'intuition, qui « perçoit », et non avec la seule raison, qui « conclut ». Subjectivement parlant, l'essence de la philosophie est la certitude ; pour les modernes au contraire, l'essence de la philosophie est le doute : le philosophe est censé raisonner sans aucune prémisse, comme si cette condition n'était pas elle-même une idée préconçue ; c'est la contradiction classique de tout relativisme. On doute de tout, sauf du doute ( Pour Kant, l'intuition intellectuelle — dont il ne comprend pas le premier mot — est une manipulation frauduleuse (Erschleichung), ce qui jette un discrédit moral sur toute intellectualité authentique.)
La solution du problème de la connaissance — si problème il y a — ne saurait être ce suicide intellectuel qu'est la promotion du doute ; c'est au contraire le recours à une source de certitude qui transcende le mécanisme mental, et cette source — la seule qui soit — est le pur Intellect, ou l'Intelligence en soi. Le soi-disant « siècle des lumières » n'en soupçonnait pas l'existence ; tout ce que l'Intellect pouvait offrir — de Pythagore jusqu'aux scolastiques — n'était pour les encyclopédistes que dogmatisme naïf, voire « obscurantisme ». Fort paradoxalement, le culte de la raison a fini dans cet infra-rationalisme — ou dans cet « ésotérisme de la sottise » — qu'est l'existentialisme sous toutes ses formes ; c'est remplacer illusoirement l'intelligence par de l'« existence ».
D'aucuns ont cru pouvoir remplacer la prémisse de la pensée par cet élément arbitraire, empirique et tout subjectif qu'est la « personnalité » du penseur, ce qui est la destruction même de la notion de vérité ; autant renoncer à toute philosophie. Plus la pensée veut être « concrète », plus elle est perverse ; cela a commencé avec l'empirisme, premier pas vers le démantèlement de l'esprit ; on cherche l'originalité, et périsse la vérité.
Ce sont les sophistes, Protagoras en tête, qui sont les véritables précurseurs de la pensée moderne ; ce sont eux les « penseurs » proprement dits, en ce sens qu'ils se bornaient à ratiociner et ne se souciaient guère de « percevoir » et de rendre compte de ce qui « est ». Et c'est à tort qu'on a vu en Socrate, Platon et Aristote les pères du rationalisme, voire de la pensée moderne en général ; sans doute, ils raisonnent — Shankara et Râmânuja en font autant — mais ils n'ont jamais dit que le raisonnement est l'alpha et l'oméga de l'intelligence et de la vérité, ni à fortiori que nos expériences ou nos goûts déterminent la pensée et priment l'intuition intellectuelle et la logique.
Somme toute, la philosophie moderne est la codification d'une infirmité acquise."
F. Schuon : La transfiguration de l'homme.
http://eveilphilosophie.canalblog.com/
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Vendredi, 29 Janvier 2010 10:30

Le Roi des crapauds- image colorisée par mes soins -
L’ARCHAIQUE DANS LES CONTES
La pratique des cures par le rêve-éveillé permet d’accéder à ce que l’on nomme l’Archaïque, décrit par Mélanie Klein et l’école anglaise de psychanalyse avec Winnicott. Ainsi il devient possible d’explorer les couches de plus en plus profondes de la prégénitalité et de rendre compte du corpus complet des Contes de Perrault avec ses onze contes de Ma Mère l’Oye.
1. LES SOUHAITS RIDICULES traitent du problème de la castration : qui a le phallus dans un couple, l’homme ou la femme ? Blaise le vieux bûcheron, a reçu à la fin de sa vie l’accomplissement de ses trois premiers souhaits. Après avoir réfléchi et un peu bu, il souhaite inconsidérément une aune de boudin. Symboliquement, c’est ce phallus et de type anal qui lui manque. Fanchon sa femme, l’injurie, et le dévirilise en lui disant que «pour faire un tel souhait, il faut être bien bœuf » c’est-à-dire castré, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce qui déclenche chez Blaise des désirs de meurtre et il se contente de souhaiter que le boudin pende au nez de sa femme, ce qui exauce son vœu secret de posséder le phallus et d’apparaître comme la femme phallique qu’elle est inconsciemment. Alors toute réflexion faite, il ne lui reste plus, au lieu de devenir roi, qu’à rendre à sa femme son ancien nez, ce qui se nomme dans le jeu de l’oie «retour à la case départ ». Il ne sert de rien de posséder le pouvoir, si l’on n’a pas la sagesse.
2. RIQUET A LA HOUPPE, en exposant le problème de l’oubli, est une vraie psychanalyse. La belle conscience est oublieuse et l’inconscient, si laid, a de l’esprit. Ceci, mis en image, donne l’histoire suivante. Une belle princesse qui a tout oublié, est si stupide qu’elle reste fixée au niveau de l’enfant qui ne sait pas encore manger proprement. Heureusement, elle connaissait la technique du rêve-éveillé «Dans le temps qu’elle se promenait, rêvant profondément, elle entendit...» en prêtant l’oreille, ce qui se passait par en dessous. L’horrible Riquet à la houppe (Riquet, diminutif d’Henriquet, le petit Henri) est le roi des gnomes sous terre, dans l’inconscient ; travaillent pour lui trente rôtisseurs qui préparent son repas de noces. Elle a, ce faisant, retrouvé sa moitié cachée, sa partie masculine, son animus. Riquet est très sexualisé avec son attribut phallique, sa houppe de cheveux dressés et les trente rôtisseurs ont une queue de renard sur l’oreille. Et, arrivant à vaincre l’oubli, la Princesse retrouve le souvenir de sa promesse de s’unir à sa moitié masculine. Alors l’échange se fait, le dessous donne son esprit à la beauté du dessus et le dessus donne sa beauté à l’esprit du dessous, comme dans une psychanalyse. Dès que se trouve le souvenir perdu, la jonction se fait entre le conscient et l’inconscient, le féminin et le masculin, la beauté et l’esprit.
3. PEAU D’ANE est au-delà de l’Oedipe car ce conte traite de l’inceste dans sa liaison avec l’analité. Un Roi solaire a promis à la mort de sa femme de n’épouser que plus belle qu’elle. Et il ne la trouve que dans leur fille. L’infante est conseillée par sa marraine la Fée (son Surmoi). Elle lui fait demander à son père le sacrifice d’une robe azur couleur du Temps, puis de la lumière de la lune et enfin du soleil. Le Roi, « qui l’aimait d’un amour sans pareil » y parvient et accède même à sa dernière demande d’avoir la peau de l’âne Cacauro, qui fait des écus d’or, car la source de la richesse de sa famille vient de l’analité, de cette analité qui a fait les commerçants et les banquiers de la bourgeoisie. La Princesse épouvantée fuit alors et régresse à l’analité car le barrage de l’Œdipe n’a pas été franchi. Elle devient fille de ferme, un souillon nettoyant l’Auge aux cochons, dans la merde, le visage couvert de vilaine crasse, pleine d’ordure. Mais tous les dimanches matin elle revêt ses robes de lumière et le fils du roi voisin met l’œil au trou de la serrure et voit « la bête la plus laide qu’on puisse voir après le loup », et elle a vu qu’il l’avait vue. On ne peut pas être plus crû dans le voyeurisme. Lui aussi est le fils d’une mère qui l’aimait tant qu’il aurait eu de l’or s’il avait voulu en manger. Elle lui envoie sa bague, c’est-à-dire son sexe à remplir. Par l’amour mutuel, ils échappent à la fixation œdipienne, à l’analité et au voyeurisme partagé.
4. CENDRILLON expose aussi la régression nécessaire à l’analité pour se délivrer de la mauvaise mère. Face à la division de la mère en deux (la bonne morte et la mauvaise marâtre) la fille d’un gentilhomme doit se rouler dans la cendre de sa mère. Elle en perd sa féminité et devient « un vilain cucendron ». Elle en sort par la génitalité. La pantoufle de verre est celle qui laisse voir le pied qui est dedans ; elle aussi laisse au Prince son sexe à remplir. Et lorsque est retrouvé le pied pour cette chaussure, l’analité répand ses richesses. Marian Roalfe Cox a étudié 345 versions de Cendrillon. Dans la version de Basile, Cucendron tue sa première marâtre et l’on comprend mieux que si elle supporte toutes ces saletés et ces humiliations, c’est qu’elle les recherche pour expier son désir du père et sa volonté de tuer la mère. Le thème du pied fait à la coutume des petits pieds des nobles femmes chinoises, car la pantoufle de verre est aussi serrée que le vagin d’une vierge et les prétendantes se mutilent leur pied pour essayer d’y entrer.
5. GR1SELIDIS traite de la misogynie, la haine inconsciente des femmes, et essaie de montrer comment la racine s’en trouve dans le sado-masochisme anal. Dans la plaine du Pô, s’échappant de dessous ses roseaux, le marquis de Salusses a de sa mère l’image « d’un cruel ennemi » aussi est-il un chasseur sadique-anal. Il n’accepterait qu’une femme qui n’aurait « d’autre volonté que la mienne ». Et justement, il la rencontre dans la forêt, sous forme d’une jeune bergère, Grisélidis, la fille-nature œdipienne qui vit avec son père. Il régresse à l’avidité orale, buvant avec la bouche comme un animal. Elle est masochiste et d’un total attachement. Pour se convaincre qu’une femme peut l’aimer, il lui impose sans cesse des épreuves, la dépouille de ses bijoux, lui enlève sa fille et lui dit qu’elle est morte. Quand leur fille a quinze ans, il renvoie sa femme à sa pauvreté de la forêt en lui disant qu’il va épouser cette jeune fille. L’Oedipe qui n’a pu se faire sur la mère du marquis se reporte automatiquement sur la fille. Heureusement vaincu par l’amour total et absolu de Grisélidis qui accepte tout, il renonce à l’inceste, à la chasse cruelle et à sa défiance envers les femmes. Il est guéri de sa misogynie.
6. LES FEES est un récit si court que ce ne doit être qu’un passage d’un conte plus long. Il se situe en pleine oralité et semble dire que ce serait plus sûr si les bonnes paroles étaient authentifiées par la sortie de la bouche de fleurs et de pierres précieuses et les mauvaises paroles par celles des serpents et de crapauds. A travers cette simple métaphore, apparaît la conviction pour l’enfant que tout ce qui sort de son corps est précieux.
7. LA BELLE AU BOIS DORMANT unit deux histoires. La première enseigne que la fille pubère de quinze ans ne doit point, lorsque les parents ne sont pas là, jouer avec son fuseau (que-nouille). Cela endormirait sa génitalité et le Prince Charmant devrait attendre très longtemps (un temps qui semble durer un siècle) avant que s’écartent les ronces, les épines et les défenses de la vierge, pour que son corps puisse enfin se livrer à l’amour.
La seconde indique au fils qu’il doit sacrifier sa mère à la nouvelle famille et la faire dévorer par sa propre agressivité orale (crapauds et vipères) sinon cette ogresse mangera ses petits-enfants (car le premier amour est de type oral cannibale).
8. LE CHAT BOTTE expose une cure où, pour conjurer la castration, il a fallu régresser jusqu’au sadisme oral. C’est une histoire d’hommes : un benjamin a été féminisé par son père. Dans l’héritage le mauvais père a donné le moulin à l’aîné, l’âne au second, et un petit chat ou châs, au dernier. Mais dès qu’il lui fait faire des bottes (dès qu’il peut avoir des érections) il est rassuré sur sa virilité et devient un Maître chat rephallisé. Cela fait surgir l’agressivité orale dans la chasse cruelle, pour faire des cadeaux au roi. Puis il doit régresser jusqu’au niveau utérin en se jetant nu dans l’eau de la mère, le lac. Alors, grâce aux ruses du chat, il peut affronter l’agressivité orale de l’Ogre, le terrible père castrateur qui accepte de se changer en lion puis en souris, vite avalée par le chat. Le marquis de Carabas reçoit alors l’héritage du bon père (le roi), de grands biens et une femme passive. Le chat, devenu grand seigneur, ne courut après les souris que pour se divertir.
9. LA BARBE BLEUE enseigne que nul n’est parfait et qu’il ne faut pas surprendre le secret de l’inconscient de l’homme car derrière l’amour se trouve le sadisme et la soif du sang qui couvre le sol. L’on risque d’en être contaminé comme la clé, tachée de sang pour toujours, et à jouer avec cela, on brave la mort avec le sérial-killer. C’est l’amour des frères qui sauve du sadisme et non l’homophilie avec sa sœur Anne. Perrault n’a pas repris la scène du déshabillage qui indique que le voyeurisme-exhibitionnisme entraîne le sadisme. Mais il parle toujours de la Barbe Bleue, par cette féminisation ne s’agit-il pas de la femme à barbe, la mère phallique agressive, le loup dévorant la grand-mère du petit Chaperon Rouge ?
10. LE PETIT POUCET ne peut lutter contre le sadisme oral qu’en régressant à travers l’analité jusqu’au cannibalisme primitif. Pourquoi les parents que l’on aime et dont on a besoin, vous font-ils du mal et veulent-ils votre mort ? Etre abandonné est incompréhensible pour un enfant. Les marques, jalons et repères (re-père) s’effacent comme les cailloux en miettes de pain. Alors les enfants tombent dans l’analité, les voilà « tout crottés et couverts de crotte ». Allant plus profond, derrière les parents infanticides ils trouvent l’Ogre, le sadisme-oral dévorateur (Kronos et Ouranos). Ce sadisme oral peut se transmettre aux enfants (les sept petites ogresses). Poucet le retourne en intervertissant les couronnes des filles et les bonnets des garçons et les fait s’entre-dévorer, l’Ogre mangeant ses propres filles. Et il accède enfin à la virilité en dérobant les bottes (phallisation) du père-ogre-dévorateur. Il reçoit alors les richesses de l’agressivité orale et de l’analité, mais pas la génitalité avec la fille du roi. C’est le seul cas qui montre qu’il s’agit encore d’une cure d’enfant qui n’est pas achevée.
11. LE PETIT CHAPERON ROUGE nous mène aux limites de la régression dans le sadisme oral féminin. Et il pose le problème universel des mères célibataires qui veulent se passer des hommes. Chez des mères célibataires, il y a trois générations de femmes. La mère et la grand-mère sont folles de leur fille et la traitent en garçon-phallus à tête rouge, le chaperon rouge du gland décalotté. Le masculin est vu par elles trois comme un loup dévorant. Chez la grand-mère se trouve le masculin, l’animus de son père, qui dévore les petites filles. Le cannibalisme dévorera le sang (petit pot de beurre) et la chair (la galette). L’origine de ce sacrifice se trouve dans la découverte de la différence des sexes. « Le petit Chaperon rouge se déshabille et va se mettre au lit, elle fut bien étonnée de voir (le loup) comment sa mère-grand était faite en son déshabillé ». Le voyeurisme-exhibitionnisme précoce engendre chez l’enfant la conviction que l’acte sexuel est une dévoration. Nous sommes parvenus là à la limite de la régression, l’Oedipe prégénital oral décrit par la psychanalyste Mélanie Klein. Le petit chaperon sur le mode oral a accompli l’inceste originaire par la dévoration unifiante. Il n’y a aucun remède ; c’est le seul exemple de cure ratée de ce corpus.
Ou alors laissant surgir la pulsion de fécondité, elle aurait découvert combien cette haine féminine de l’homme est stérile. Emplissant de pierres le ventre de l’animal, il serait tombé raide mort, comme le choisissent certaines des trente-cinq versions comparées par Paul Delarue, et comme l’analyse Erich Fromm (Le langage oublié, p. 192). Dans d’autres on fait appel au chasseur (enfin un homme) qui ouvre le ventre du loup et en sort le petit chaperon rouge et sa mère-grand qui n’ont pas eu le temps d’en mourir. Mais pourquoi LA barbe bleue et LE petit chaperon rouge ?
La mère phallique est cet objet fascinant primitif dont les contes proposent de nous délivrer. Chaque culture lui donne son nom : Kali au Indes, Rangda à Bali, Coathicue au Mexique ... Les contes russes étudiés par Propp la nomment Baba Yaga, c’est une sorcière avec une jambe en os (phallus), au nez poussé vers le plafond (en érection) qui habite une chaumière sans fenêtres ni portes, dans la forêt, ronde, sur des pattes de poule et qui tourne (utérus qui vous enferme).
Trouvé ici: http://www.europsy.org/marc-alain/contedefee.html
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Vendredi, 25 Décembre 2009 17:57

Charles PERRAULT
Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l'aînée lui ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que qui la voyait, voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu'on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse.
Il fallait entre autres choses que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle en rapportât plein une grande cruche. Un jour qu'elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire.
- Oui-dà, ma bonne mère, dit cette belle fille ; et rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l'eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présenta, soutenant toujours la cruche afin qu'elle bût plus aisément. La bonne femme, ayant bu, lui dit :
- Vous êtes si belle, si bonne, et si honnête, que je ne puis m'empêcher de vous faire un don (car c'était une Fée qui avait pris la forme d'une pauvre femme de village, pour voir jusqu'où irait l'honnêteté de cette jeune fille). Je vous donne pour don, poursuivit la Fée, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.
Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine.
- Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d'avoir tardé si longtemps ; et en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants.
- Que vois-je ? dit sa mère tout étonnée ; je crois qu'il lui sort de la bouche des Perles et des Diamants ; d'où vient cela, ma fille ?
(Ce fut là la première fois qu'elle l'appela sa fille.) La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de Diamants.
- Vraiment, dit la mère, il faut que j'y envoie ma fille ; tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement. Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine. Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l'heure.
Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau Flacon d'argent qui fût dans le logis. Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine qu'elle vit sortir du bois une Dame magnifiquement vêtue qui vint lui demander à boire :
c'était la même Fée qui avait apparu à sa soeur mais qui avait pris l'air et les habits d'une Princesse, pour voir jusqu'où irait la malhonnêteté de cette fille.
- Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire, justement j'ai apporté un Flacon d'argent tout exprès pour donner à boire à Madame !
J'en suis d'avis, buvez à même si vous voulez.
- Vous n'êtes guère honnête, reprit la Fée, sans se mettre en colère ; hé bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.
D'abord que sa mère l'aperçut, elle lui cria :
- Hé bien, ma fille !
- Hé bien, ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères, et deux crapauds.
- ô Ciel ! s'écria la mère, que vois-je là ? C'est sa soeur qui en est cause, elle me le payera ;
et aussitôt elle courut pour la battre. La pauvre enfant s'enfuit, et alla se sauver dans la Forêt prochaine.
Le fils du Roi qui revenait de la chasse la rencontra et la voyant si belle, lui demanda ce qu'elle faisait là toute seule et ce qu'elle avait à pleurer. Hélas ! Monsieur c'est ma mère qui m'a chassée du logis. Le fils du Roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six Perles, et autant de Diamants, la pria de lui dire d'où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure. Le fils du Roi en devint amoureux, et considérant qu'un tel don valait mieux que tout ce qu'on pouvait donner en mariage à un autre, l'emmena au Palais du Roi son père où il l'épousa. Pour sa soeur elle se fit tant haïr que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir alla mourir au coin d'un bois.
Autre Moralité
L'honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins …
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 16 Décembre 2009 09:27
De mon petit livre des plaisirs… par Dominique Mainard

Vivre avec un chat, c’est apprendre le bonheur d’être libre : voleur de poubelles, éventreur de canapés, assassin de canaris, un chat ne s’interdit rien et se moque du risque de la disgrâce. C’est aussi qui l’on est, et ne pas l’oublier :même gras, l’intérieur de l’oreille marqué d’un tatouage inesthétique qui le prive d’une partie de son mystère, squatteur de fauteuils, gourmand et paresseux, un chat reste un chat, une petite âme belle et indomptable. C’est une leçon de vie.

Un chat est aussi une bouillotte, un anxiolytique, un pitre élégant, un bonheur pour l’œil et pour la main. Un chat a plus d’imagination que le plus doué des écrivains. Ce qu’il regarde, vous ne verrez jamais, et c’est le plaisir ultime de sa présence : entrer dans ce monde dont vous ne saurez jamais rien, si ce n’est qu’il existe, là, dans cette petite tête ronde et ces yeux lunaires.

Mis à jour (Mardi, 01 Décembre 2009 08:16) Écrit par Fany Mardi, 01 Décembre 2009 08:02

Daphne Odjig
One of the most respected and uniquely individualistic Woodland Indian artists
working in Canada today.
Born on the Wikwemikong Indian Reserve on Manitoulin Island, she is a member
of the Ojibwa tribe.
Voici un texte amérindien .Il existe deux autres versions de la même prière attribuées aux indiens des plaines nord-américaines(Chief Yellow Lark, Lakota et tribu OJIBWA ). Ces deux autres versions figuraient sur un site qui n'existe malheureusement plus .
O, Grand Esprit
Dont j'entends la voix dans le vent,
et dont le souffle donne vie à l'univers entier
écoute-moi
Je suis petit et faible
J'ai besoin de ta force et de ta sagesse
Permets-moi de marcher en beauté et fais que mes yeux
soient toujours émerveillés par le rouge et le violet
des couchers de soleil.
Fais que mes mains respectent les choses que tu as créées
et que mes oreilles soient attentives à ta voix.
Donnes-moi la sagesse pour que je puisse comprendre
ce que tu nous enseignes.
Permets-moi d'apprendre les leçons que tu caches
sous les feuilles et les pierres.
Je demande la force non pas pour dominer mes frères
mais pour combattre mon plus grand ennemi, moi-même.
Fais en sorte que je sois toujours prêt à venir à toi
les mains propres et le regard serein.
Pour que, quand la vie me laissera, comme le soleil
qui baisse à l'horizon,
mon âme puisse venir à toi sans remords.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 18 Novembre 2009 19:43

Château de Blois- Août 2009-
Légende de la Salamandre
Au moyen âge, les gens effrayés de voir cet animal noir et jaune sortir de leur cheminée pensaient que c’était le feu qui l’avait fait naître. En réalité, comme elle se cache dans trous de troncs d’arbres morts, on voyait parfois une salamandre sortir de sa cachette quand on mettait le bois dans la cheminée. On racontait aussi qu’elles pouvaient traverser un feu sans se brûler et même l’éteindre. Mais évidemment, ce n’est pas vrai non plus. Sa peau est simplement constamment humide pour permettre sa respiration et la protéger de la chaleur mais pas d’un feu bien sûr.
Le roi de France François 1er, a choisi la salamandre comme emblème et la fit figurer dans ses armoiries. Au château de Chambord, l’un des plus beaux de la Renaissance, construit à partir de 1519, il a fait décorer le plafond de l’une des salles de 300 salamandres.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Dimanche, 15 Novembre 2009 09:02

Qu'est-ce que l'Amour?
Le domaine de la vie dans lequel l'expérience ne sert à rien.
Bien plus et bien pire: la sensation de neuf fait partie du vertige.
Qui n'a pas, à chaque rencontre, l'impression de débarquer dans l'aube d'un premier jour du monde, celui-là, on peut dire qu'il n'aime pas.
Erik Orsenna
Mis à jour (Jeudi, 05 Novembre 2009 08:05) Écrit par Fany Jeudi, 05 Novembre 2009 08:01

..."Elle suit méticuleusement le chemin qui va de l'éblouissement au lent naufrage.
Où est l'erreur, la faute? Quand ont-ils commencé à se désaimer? Inutile. Elle refait
mille fois le parcours. Elle ne découvrira rien de plus. Trop d'éléments lui
échappent, de son côté à lui surtout.
Qui connait qui? "...
Colette Nys-Mazure
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 28 Octobre 2009 18:09
On vient de me rendre ce livre... Si vous aimez les livres historiques et particulièrement sur le Moyen âge, je vous le conseille. "Je n'ai rien lu de mieux dans le genre", me confia ma libraire...
1050 pages mais pas de longueurs...
Il y a une suite... je ne l'ai pas encore lue.
Extrait: Prologue
Année 1123
Les jeunes garçons arrivèrent de bonne heure pour la pendaison. Il faisait encore sombre quand les trois ou quatre premiers d'entre eux s'étaient glissés hors de leur taudis, silencieux comme des chats dans leurs bottes de feutre. Une mince pellicule de neige fraîche recouvrait la petite ville, comme une couche de peinture neuve, et leurs empreintes furent les premières à en souiller la surface immaculée. Ils passèrent entre les huttes de bois serrées les unes contre les autres et suivirent les rues, où la boue avait gelé, jusqu'à la place du marché silencieuse où la potence attendait.
Les garçons méprisaient tout ce que leurs aînés appréciaient. Ils dédaignaient la beauté et raillaient la bonté. Ils éclataient de rire à la vue d'un infirme et, s'ils apercevaient un animal blessé, ils le lapidaient à mort. Ils se vantaient de leurs blessures, ils arboraient avec orgueil leurs cicatrices, et réservaient leur admiration toute particulière aux mutilations : un garçon à qui il manquait un doigt, c'était un roi. Ils adoraient la violence : ils pouvaient parcourir des lieues pour voir le sang couler et jamais ils ne manquaient une pendaison. Un des garçons pissa au pied de la potence. Un autre gravit les marches de l'échafaud, posa ses pouces sur sa gorge et s'affala, le visage crispé dans une macabre parodie de strangulation ; les autres s'exclamèrent d'admiration, et deux chiens débouchèrent sur la place du marché en aboyant. Un très jeune garçon commença imprudemment à croquer une pomme et un des aînés lui donna un coup de poing sur le nez et la lui vola. Le cadet se soulagea en lançant une pierre aiguisée sur un chien qui rentra chez lui en hurlant. Puis il n'y eut plus rien à faire, alors ils s'accroupirent sur le pavé sec du portail de la grande église, attendant qu'il se passe quelque chose.
La lueur des chandelles vacilla derrière les volets des maisons cossues de bois et de pierre, alignées tout autour de la place, demeures d'artisans et de négociants prospères. Déjà les servantes et les apprentis allumaient les feux, faisaient chauffer l'eau et préparaient le porridge. Le ciel vira du noir au gris. Les gens sortirent de chez eux, baissant la tête au passage du seuil de la porte, emmitouflés dans de lourds manteaux de grosse laine, et descendirent en frissonnant jusqu'à la rivière où ils s'approvisionnaient en eau.
Bientôt un groupe de jeunes gens, valets d'écurie, ouvriers et apprentis, firent leur entrée sur la place du marché. Ils chassèrent à coups de pied et à coups de poing les jeunes garçons du porche de l'église, puis s'adossèrent aux arches de pierre sculptées, se grattant, crachant par terre et discutant avec une assurance étudiée de la mort par pendaison. S'il a de la chance, dit l'un d'eux, son cou se brise dès qu'il tombe, c'est un trépas rapide et sans douleur : mais sinon, il reste suspendu là à devenir cramoisi, sa bouche s'ouvrant et se fermant comme un poisson hors de l'eau, jusqu'à ce qu'il s'étrangle ; un autre affirma que mourir de cette façon peut prendre le temps qu'il faut à un homme pour parcourir une demi-lieue ; et un troisième déclara que ce pouvait être encore pire, qu'il avait assisté à une pendaison où, le temps que l'homme soit mort, son cou avait un pied de long.
Les vieilles femmes formaient un groupe de l'autre côté de la place, aussi loin que possible des jeunes gens qui risquaient de crier des remarques vulgaires à leurs grands-mères. Elles s'éveillaient toujours de bon matin, les vieilles, même si elles n'avaient plus à s'inquiéter de bébés ni d'enfants ; elles étaient les premières à avoir leurs feux allumés et leurs âtres balayés. Leur meneuse reconnue, la robuste veuve Brewster, vint les rejoindre, roulant un tonneau de bière aussi facilement qu'un enfant pousse un cerceau. Elle n'avait pas eu le temps d'ôter le couvercle qu'attendait déjà une petite foule de clients avec des cruches et des seaux.
Le bailli du prévôt ouvrit la grande porte, pour laisser entrer les paysans qui habitaient le faubourg, dans les maisons adossées au mur de la ville. Les uns apportaient des œufs, du lait et du beurre frais à vendre, d'autres venaient acheter de la bière ou du pain, d'autres encore restèrent sur la place du marché en attendant la pendaison. De temps en temps, les gens levaient la tête, comme des moineaux inquiets, et jetaient un coup d'œil au château sur la colline qui dominait la ville. Ils voyaient la fumée monter régulièrement de la cuisine et parfois la lueur d'une torche derrière les fenêtres en meurtrière du donjon de pierre. Et puis, au moment où le soleil devait commencer à se lever derrière l'épais nuage gris, les lourdes portes en bois du poste de garde s'ouvrirent et un petit groupe apparut. Le prévôt allait en tête, montant un beau cheval noir, suivi d'un char à bœufs transportant le prisonnier ligoté. Derrière le chariot chevauchaient trois hommes. Bien que d'aussi loin on ne pût distinguer leurs visages, leurs vêtements révélaient qu'il s'agissait d'un chevalier, d'un prêtre et d'un moine. Deux hommes d'armes fermaient la marche.
Ils s'étaient tous rendus la veille à la cour de justice du comté, qui se tenait dans la nef de l'église. Le prêtre avait surpris le voleur la main dans le sac ; le moine avait identifié le calice d'argent comme appartenant au monastère ; le chevalier était le suzerain du voleur, il l'avait reconnu comme un fugitif ; et le prévôt l'avait condamné à mort.
Tandis qu'ils descendaient lentement la colline, le reste de la ville se groupa autour de l'échafaud. Parmi les derniers à arriver, les notables : le boucher, le boulanger, deux tanneurs, deux forgerons, le coutelier et l'armurier, tous avec leurs épouses.
La foule était d'humeur bizarre. En général on aimait bien une pendaison. Le prisonnier était d'ordinaire un voleur et ils détestaient les voleurs avec la passion de gens qui ont durement gagné ce qu'ils possèdent. Mais ce voleur-là n'était pas comme les autres. Personne ne savait qui il était ni d'où il venait. Ce n'étaient pas eux qu'il avait volés, mais un monastère à huit lieues d'ici.
Il avait volé un calice orné de joyaux, un objet d'une si grande valeur qu'il était pratiquement impossible à revendre : ce n'était pas comme voler un jambon, un couteau neuf ou une belle ceinture, dont la perte nuirait à quelqu'un. On ne pouvait pas haïr un homme pour un crime si absurde. Il y eut quelques lazzis et quelques railleries quand le prisonnier pénétra sur la place du marché, mais les injures manquaient de conviction et seuls les jeunes garçons se moquaient de lui avec un certain enthousiasme.
La plupart des gens de la ville n'étaient pas au tribunal, car les jours de cession n'étaient pas fériés, et ils devaient tous gagner leur vie, aussi était-ce la première fois qu'ils voyaient le voleur. Celui-ci paraissait très jeune, entre vingt et trente ans. De taille et de stature normales, il avait pourtant un aspect étrange, dû à sa peau aussi blanche que la neige sur les toits, à ses yeux protubérants d'un vert clair extraordinaire et à ses cheveux couleur carotte. Les filles le trouvèrent laid ; les vieilles le plaignirent ; et les petits garçons rirent en se roulant par terre.
Le prévôt était un personnage familier, mais les trois autres hommes qui avaient scellé le destin du voleur étaient des étrangers. Le chevalier, un gros homme aux cheveux jaunes, était de toute évidence quelqu'un d'une certaine importance, car il montait un destrier, une énorme bête qui coûtait autant d'argent qu'un charpentier en gagne en dix ans. Le moine était beaucoup plus âgé, au moins cinquante ans, un grand homme maigre affalé sur sa selle, comme si la vie était pour lui un fardeau accablant. Le plus remarquable était le prêtre, un jeune homme au nez pointu et aux cheveux noirs et plats, vêtu d'une robe noire et chevauchant un étalon bai. Il avait l'air vif et dangereux d'un chat noir flairant un nid de souriceaux.
Un gamin visa avec soin et cracha sur le prisonnier. Il avait bien ajusté son tir et toucha l'homme entre les yeux. Le condamné grommela un juron et voulut se jeter sur le cracheur, mais il était retenu par les cordes qui l'attachaient aux ridelles de la charrette. Incident banal, sinon que le prisonnier parlait en français normand, la langue des seigneurs. Ce jeune homme était-il de haute naissance ? ou simplement loin de chez lui ?
(...)
Mis à jour (Lundi, 05 Octobre 2009 07:08) Écrit par Fany Lundi, 05 Octobre 2009 07:04

Marcel PAGNOL
La Gloire de mon père de Marcel Pagnol (extrait)
Mon père avait une passion : l’achat des vieilleries chez les brocanteurs.
Chaque mois, lorsqu’il revenait de « toucher son mandat » à la mairie, il rapportait quelques merveilles : une muselière crevée (0 fr 50), un compas diviseur épointé (1 fr 50), un archet de contrebasse (1 fr), une scie de chirurgien (2 fr), une longue-vue de marine où l’on voyait tout à l’envers (1 fr), un couteau à scalper (2 fr), un cor de chasse un peu ovalisé, avec une embouchure de trombone (3 fr), sans parler d’objets mystérieux, dont personne n’avait jamais pu trouver l’usage, et qui traînaient un peu partout dans la maison.
Ces arrivages mensuels étaient, pour Paul et pour moi, une véritable fête. Ma mère ne partageait pas notre enthousiasme. Elle regardait, stupéfaite, l’arc des îles Fidji, ou l’altimètre de précision, dont l’aiguille, montée un jour à 4 000 mètres (à la suite d’une ascension du mont Blanc, ou d’une chute dans un escalier), n’en voulut jamais redescendre.
Alors, elle disait avec force : « Surtout, que les enfants ne touchent pas à ça ! »
Elle courait à la cuisine, et revenait avec de l’alcool, de l’eau de Javel, des cristaux de soude, et elle frottait longuement ces épaves.
Il faut dire qu’à cette époque les microbes étaient tout neufs, puisque le grand Pasteur venait à peine de les inventer, et elle les imaginait comme de très petits tigres, prêts à nous dévorer par l’intérieur.
Tout en secouant le cor de chasse, qu’elle avait rempli d’eau de Javel, elle disait, d’un air navré
— Je me demande, mon pauvre Joseph, ce que tu veux faire de cette saleté !
Le pauvre Joseph, triomphant, répondait simplement
— Trois francs !
J’ai compris plus tard que ce qu’il achetait, ce n’était pas l’objet : c’était son prix.
— Eh bien, voilà trois francs de gaspillés !
— Mais, ma chérie, si tu voulais fabriquer ce cor de chasse, pense à l’achat du cuivre, pense à l’outillage spécial qu’il te faudrait, pense aux centaines d’heures de travail indispensables pour la mise en forme de ce cuivre.
Ma mère haussait doucement les épaules, et on voyait bien qu’elle n’avait jamais songé à fabriquer ce cor de chasse, ni aucun autre.
Alors mon père, avec condescendance, disait
Tu ne te rends pas compte que cet instrument, peut-être inutile par lui-même, est une véritable mine ! Réfléchis une seconde : je scie le pavillon, et j’obtiens un cornet acoustique, un porte-voix de marine, un entonnoir, un pavillon de phonographe ; le reste du tube, si je l’enroule en spirale, c’est le serpentin d’un alambic. Je puis aussi le redresser pour en faire une sarbacane, ou une conduite d’eau, en cuivre, note bien ! Si je le scie en tranches fines, tu as vingt douzaines d’anneaux de rideaux ; si je le perce de cent petits trous, nous avons un collier à douches […]
Source : Pagnol (Marcel), la Gloire de mon père, 1957
Mis à jour (Dimanche, 27 Septembre 2009 18:38) Écrit par Fany Dimanche, 27 Septembre 2009 17:00

Chasselas- Photo du Net-
C'est beau la jeunesse, en marche vers ses larges horizons !
Au seuil de sa vie, qu'espérer, en quoi croire ?
D'abord, me semble-t-il, en cette vie même, ce don qui nous est offert par un enchaînement de hasards, cette brève éclaircie dans la nuit des temps. Pour mieux savourer le fait d'exister, cette notion de "brièveté" me paraît importante.
Ensuite : choisir, savoir choisir ce qui tient au cœur, ce qui est vissé à l'âme ; ce qui s'implante et s'enracine dans l'esprit.
Etre lucide dans ce choix ; les chemins sont semés d'embûches et de barrières qu'il faut s'apprêter à enjamber, à franchir.
Dans sa lettre à un jeune poète, Rainer Maria Rilke écrit quelques phrases essentielles, inscrites dans ma chair et que je ne pourrai jamais oublier.
"Vous vous demandez si vos vers sont bons. Vous me le demandez à moi. Vous l'avez déjà demandé à d'autres. Vous les envoyez aux revues… Désormais (puisque vous m'avez permis de vous conseiller) je vous prie de renoncer à tout cela… Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse des racines au plus profond de votre cœur… Mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire …. Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort simple "je dois". Alors construisez votre vie selon cette nécessité."
Ce choix n'exclura pas les grandes causes humaines, dont on demeure forcément à l'écoute. Il ne s'agit pas de moraliser, ou de se poser comme donneur de leçons. Rilke confie à chacun ses propres rêves, sa propre direction, ses propres responsabilités. Choix, indépendance, liberté font partie de ce questionnement, ils en sont même les clefs.
S'amarrer à cette passion est un guide. Il faut une fidélité, un indéfectible amour.
S'arrimer à un art n'est jamais de tout repos, mais les brèches que celui-ci nous offre sur des instants de lumière valent bien le risque de ces chemins imprévus. Ces fenêtres qu'il entrouvre sur l'espace du dehors et du dedans méritent qu'on y dédie toute une part de son existence.
J'ai souvent pris appui sur ces paroles de Rainer Maria Rilke. Quel que soit le chemin, bref ou long, il nous faut sans cesse solliciter, éveiller cette soif aux racines de l'être ; cet indicible, cet inextinguible désir qui nous entraîne vers l'avant. Qu'importe le chemin choisi : "Je dois" continuera à retentir comme en écho dans nos cœurs et nos esprits.
Andrée Chedid - Lettres à la jeunesse
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 25 Août 2009 19:48

Extrait :
Plongé dans ces souvenirs je dois soudain revenir à la réalité. C’est le bruit de la mer. J’écris ces lignes à l’Île-Noire, sur la côte, près de Valparaiso. Les grandes bourrasques qui ont fouetté le littoral viennent de se calmer. L’océan – ce n’est pas moi qui l’observe de ma fenêtre, c’est plutôt lui qui me regarde de ses mille yeux d’écume – conserve encore dans sa houle la terrible ténacité de la tempête.
Quelles années lointaines ! Les reconstituer, c’est un peu comme si le son des vagues que maintenant j’écoute entrait en moi par intervalles, tantôt en me berçant pour m’endormir, tantôt avec l’éclair brutal d’une épée. Je vais recueillir ces images pêle-mêle, comme ces vagues qui vont et viennent.

Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 04 Août 2009 06:33

Un lecteur, par une froide journée de février 2009- Parc de la Pépinière de Nancy-
...
Aimer quelqu'un, c'est le lire. C'est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le coeur de l'autre, et en lisant le délivrer.
C'est déplier son coeur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était à lui-même un livre écrit dans une langue étrangère.
Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade, et quand je regarde un visage, j'essaie de tout lire, même les notes en bas de page.
Je pénètre dans les visages comme on s'enfonce dans le brouillard, jusqu'à ce que le paysage s'éclaire dans ses moindres détails.
Nos propres actes nous restent indéchiffrables. C'est pourquoi les enfants aiment tant qu'on leur raconte sans fin tel épisode de leur enfance.
Lire ainsi l'autre, c'est favoriser sa respiration, c'est-à-dire le faire exister.
Peut-être que les fous sont des gens que personne n'a jamais lus, rendus furieux de contenir des phrases qu'aucun regard n'a jamais parcourues. Ils sont comme des livres fermés.
Une mère lit dans les yeux de son enfant avant même qu'il sache s'exprimer.
Il suffit d'avoir été regardé par un nouveau-né pour savoir que le petit d'homme sait tout de suite lire. Il est même comme les grands lecteurs : il dévore le visage de l'autre.
On lit en quelqu'un comme dans un livre, et ce livre s'éclaire d'être lu et vient nous éclairer en retour, comme ce que fait pour un lecteur une très belle page d'un livre rare.
Quand un livre n'est pas lu, c'est comme s'il n'avait jamais existé.
Ce qui peut se passer de plus terrible entre deux personnes qui s'aiment, c'est que l'une des deux pense qu'elle a tout lu de l'autre et s'éloigne, d'autant qu'en lisant on écrit, mais d'une manière très mystérieuse, et que le coeur de l'autre est un livre qui s'écrit au fur et à mesure et dont les phrases peuvent s'enrichir avec le temps.
Le coeur n'est achevé et fait que quand il est fracturé par la mort.
Jusqu'au dernier moment le contenu du livre peut être changé.
On n'a pas la pleine lecture de ce qu'on lit tant que l'autre est vivant.
Dieu serait le seul lecteur parfait, celui qui donne à cette lecture tout son sens.
Mais la plupart du temps, la lecture de l'autre reste très superficielle et on ne se parle pas vraiment.
Peut-être que chacun de nous est comme une maison avec beaucoup de fenêtres.
On peut appeler de l'extérieur et une fenêtre ou deux vont s'éclairer mais pas toutes.
Et parfois exceptionnellement, on va frapper partout et ça va s'éclairer partout, mais ça, c'est extrêmement rare.
Quand la vérité éclaire partout, c'est l'amour.
...
CHRISTIAN BOBIN
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 09 Juin 2009 10:46
Le Cht'i - Bar à bières- Place St Epvre- Nancy
Les Pluriels méconnus...
Un rat ? Des goûts
Un cas ? Des colles
Un pont ? Des râbles
Un flagrant ? Des lits
Une voiture ? Des mares
Un évier ? Des bouchers
Un scout ? Des brouillards
Un bond ? Des buts
Une dent ? Des chaussées
Un air ? Des confits
Un beau ? Des cors
Un mur ? Des crépis
Un vrai ? Des dalles
Un valet ? Des curies
Une passagère ? Des faïences
Un drogué ? Des foncés
Une jolie ? Des gaines
Un crâne ? Des garnis
Un frigo ? Des givrés
Une moue ? Des goûters
Un brusque ? Des luges
Un ministre ? Des missionnaires
Une grosse ? Des panses
Un propos ? Des placés
Une cinglante ? Des routes
Un fâcheux ? Des agréments
Un patron ? Des spots
Un délicieux ? Des cerfs
Une bande ? Des cinés
Un sirop ? Des râbles
Un argent ? Des tournées
Et ne pas oublier !!!!
Une bière ? Des haltères
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 03 Juin 2009 20:18
Photo de :Philippe Boussin
Hotier de Viviane
Tréhorenteuc
C'est la maison de la fée Viviane. Si vous n'avez pas peur des fantômes, ou plutôt des fées qui apparaissent et disparaissent dans un nuage, arrêtez-vous un instant, car elle est très gentille.
La légende de Merlin l'Enchanteur
Recueillies par un abbé, deux orphelines se destinaient à une vie pieuse. Jaloux de leur vertu, Lucifer parvint à dévoyer la plus faible.
Les déboires de la cadette jetèrent sa sœur dans un si profond désarroi qu'elle en oublia un soir de se signer. Le diable en abusa.
Naquit bientôt un enfant, grand et velu, ayant du Malin le don de la parole. Il fut baptisé et échappa ainsi au Diable.
On lui donna le nom de son aïeul, de par sa mère : MERLIN.
Devin et magicien, Merlin rencontra la Fée Viviane et en tomba follement épris.
Il lui confia ses derniers secrets pour retenir un homme à jamais. Là, la fée Viviane entreprit de tracer par neuf fois des cercles magiques autour de l'Enchanteur endormi, puis de l'enfermer pour l'éternité.
Merlin ne sortit jamais de cette prison… au grand regret de Viviane qui ne croyait pas que la chose pût être vraie.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mardi, 26 Mai 2009 20:00

*La folle allure Christian Bobin
Je viens de finir ce livre…pas vraiment un roman, très proche de nos ressentiments ; de la poésie en prose…une idée de la liberté –-beauté, légèreté, fraîcheur-
*... qu'avons-nous à nous dire dans la vie, sinon bonjour, bonsoir, je t'aime et je suis là encore, pour un peu de temps vivante sur la même terre que toi.
*... tout ce qu'on vit vraiment est secret, clandestin et volé ...
*C'est fou ce qu'on peut dire comme bêtises pour retenir les gens - et c'est fou comme les gens croient aux bêtises qu'on leur dit.
*Ce qui est fait pour tout le monde n'est fait pour personne.
*Ceux qui nous aiment sont bien plus redoutables que ceux qui nous détestent. Il est bien plus difficile de leur résister, et je ne sais rien de mieux que des amis pour vous amener à faire le contraire de ce que vous souhaitez faire.
*L'enfant est celui auquel on annonce jour et nuit sa fin prochaine, certaine, voulue: grandis.
*Le mariage est encore la meilleure façon pour une femme de devenir invisible.
*Sage, ce n'est pas une question de temps, c'est une question de cœur et le cœur n'est pas dans le temps.
*Tu sais ce que c'est la mélancolie? Tu as déjà vu une éclipse? Eh bien c'est ça: la lune qui se glisse devant le cœur, et le cœur qui ne donne plus sa lumière.
*Ecouter c'est quand on aime.