Mis à jour (Mercredi, 18 Août 2010 20:57) Écrit par Fany Mercredi, 18 Août 2010 20:27
Histoire de Noisette
C’est suite à la mort prématurée de notre petite chatte Frimousse- blanche à la queue noire- et surtout mélomane, que nous avons adopté Noisette. C’était un fin décembre, comment trouver un petit chat à cette époque ?
La fin de Frimousse fut tragique, je ne vais pas raconter et comment annoncer à ma gamine ? J’avais une grande peine et je cherchais en me tordant les mains, une solution…

Frimousse- printemps 2006-
Oui,… les petites annonces, sur la dernière rien- bien sûr- et, sous la pile de lectures publicitaires à garder, je trouvais un exemplaire de septembre. Je tentais ma chance, BINGO !!! Rendez-vous pris, nous nous rendîmes chez les personnes qui donnaient des chatons. Une petite maison, un petit jardin et deux amoureux des chats.
Il y avait 2 chats au rez de chaussée ,- chacun le leur- et au sous-sol, vivait une chatte qu’ils avaient recueillie adulte et indépendante, limite sauvage… Cette chatte avait eu une portée de 5 chatons en août et à cette même époque, des personnes qui n’avaient pas su ou manqué de courage, avaient déposé 3 chatons nouveaux nés devant leur porte ( dont notre future petite chatte). La jeune maman avaient aussitôt adopté les nouveaux arrivants-.Ces braves gens avaient réussi à donner 6 petits… Il en restait 2, chance !!! Et c’est comme ça que nous avons adopté Noisette.
Elle était peureuse, et pendant plus d’une semaine, cette toute petite chatte, bien qu’elle ait presque 4 mois, se déplaçait ventre à terre. Puis du jour au lendemain, elle prit une grande confiance en nous.ELLE, nous avait adoptés.
Très calme et discrète, elle fuit le bruit, miaule doucement. Elle supporte le chien Elliot, n’a jamais griffé que les arbres. Elle est une piètre chasseuse, mais, peut-on avoir toutes les qualités ?
Mis à jour (Lundi, 28 Juin 2010 20:07) Écrit par Fany Lundi, 28 Juin 2010 20:03

Le ventre
Est le premier amour
Garçon ou fille…
Le premier amour
C’est le ventre
Son nom sacré et consacré est Maman
C’est le premier refuge
On peut presque tout endurer
Si,si ... le ventre nous a aimés…
Fany
Mis à jour (Jeudi, 24 Juin 2010 19:16) Écrit par Fany Jeudi, 24 Juin 2010 18:58
Pas trop de temps pour vous apporter de la fraiche, très préoccupée par les événements, mon avenir proche au niveau de la retraite...aussi,... 37 ans de cotisations et ...
Je vous laisse un lien:
http://www.marianne2.fr/Woerth,-Bettencourt,-Guillon-Un-parfum-de-republique-bananiere_a194422.html
Si vous avez besoin de quelque chose, appelez-moi. Je vous dirai comment vous en passer.
Je pense que les pauvres sont indispensables à la société, à condition qu'ils le restent.
Coluche

Pas dirigeant, mais dérangeant !
Mis à jour (Mercredi, 02 Juin 2010 12:05) Écrit par Fany Mercredi, 02 Juin 2010 09:46

Avant dix heures, la famille était au complet dans la cuisine, chien et chat compris. Nous avions renoncé à rentrer les quelques affaires qui risquaient de s’envoler, des tuiles venaient s’écraser autour de la maison. Nous étions agglomérés devant la fenêtre à regarder ce qui se passait en face. Nous étions à un carrefour, la route était assez large. La maison en vis-à-vis était une grande et belle bâtisse en pierres de 5 ou 6 étages avec plusieurs entrées, il devait bien y avoir une vingtaine d’appartements, tous inoccupés. Elle n’était pas aussi bien protégée que nous par la muraille des chemins de fer.
Le vent s’était frayé un passage par les fenêtres, les vitres volaient en éclats, les volets de bois claquaient jusqu’à finir par pendre, se détacher et se fracasser sur la route. Nous ne distinguions pas les bruits véritablement, couverts par le souffle puissant de la tempête. Les fenêtres n’étaient plus que des trous et le vent s’engouffrait tout à son aise. Nous vîmes des plinthes et autres boiseries s’envoler puis les laies de papiers peints enroulées comme des serpentins, c’était hallucinant !
Nous n’avions plus d’électricité, plus de téléphone. Au milieu de l’après-midi, les assauts se calmèrent peu à peu, nous allumâmes des bougies, on n’y voyait plus goutte. Nous avons ce soir là, attendu un bon moment avant de rejoindre le premier étage pour nous coucher. C’était bel et bien terminé.
Lundi matin 8 heures, le jour se levait : bien sûr, pas de transports et nous devions emmener notre fils à son travail à une vingtaine de kilomètres de là… Visions apocalyptiques ; de nombreux arbres jonchaient les routes, les forêts étêtées, toutes sortes d’objets s’entassaient pêle-mêle, des toitures à ciel ouvert... Déjà, les services techniques s’affairaient pour déblayer les grands axes.
Nous eûmes rapidement de l’électricité, mais la panne dura plusieurs jours dans un bon nombre de communes. Ce fut une perte pour beaucoup…
Juste avant l’hiver, dans les forêts de feuillus, on voit toujours des grands troncs dénudés…comme vous pouvez le voir sur les photos prisent cet automne. Il y a encore du travail !
Aditif : En fait, après lecture ce midi, le Patron m‘a dit qu’il y avait une information erronée ; des communes furent sans électricité durant plusieurs SEMAINES et pour le téléphone, ça s’est compté en mois…

Mis à jour (Mercredi, 02 Juin 2010 07:55) Écrit par Fany Mardi, 01 Juin 2010 20:32

C’était un dimanche, nous nous étions levé vers les 8 heures- nous les grands- (le club des 5 dormait encore, la dernière année où tous nous étions réunis), le vent soufflait de façon inhabituelle, le Patron sentait par instinct que ce n’était pas normal en cette période de l’année…Le temps était gris, mais sans plus, sauf que là haut, dans les nuages, c'était la course.
Il faut vous dire que nous étions en transit, nous avions loué pour peu d’argent- c’était justifiable- une maison en sortie de Baccarat, la citée des cristaux… Cette maison avait une histoire- que nous découvrîmes; elle n’était pas racontée par l’agence immobilière qui nous la loua- ; autrefois- nous découvrîmes donc,que c’était un lieu de plaisance, un petit étang bordait « la propriété »- on y faisait des tours de barques-, et d'autres choses aussi- en fait, il y avait de minuscules chambres au second étage avec bidets et, la cave était pleine d’anciennes machines à pressions et d’une multitude de vieilles bouteilles- « On » avait colmaté les trous de l’ancien bar qui donnaient sur la salle de séjour. Nous retrouvâmes des petits tickets à la cave, forts édifiants quant aux petits plaisirs qui s’y étaient déroulés, cette maison avait une âme et certainement de joyeux fantômes…
Donc, les volets du second où l’accès était « forbiden », menaçaient de s’arracher sous les assauts du vent… le Patron alla vérifier, le vent était déjà violent sur les 9 heures, il se prit une latte sur le front, mais releva le défit !
L’heure était grave, on alluma la radio… RIEN de chez RIEN… Bon, nous étions protégés par un pont de pierres sur lequel passait des rails- du solide, d’avant- le trafic était toujours très actif, et ce, chaque jour, à partir de 4 heures ( la pauvre maison en tremblait, ses planchers du coup étaient un rien perturbés, nos pauvres meubles de chez BUT ( malgré les calles) ne résistèrent pas au bout de 10 mois passés là…à ce tremblement quotidien.
Puis nous furent témoins de la tempête…
SUITE DEMAIN
Mis à jour (Mercredi, 19 Mai 2010 19:24) Écrit par Fany Mercredi, 19 Mai 2010 19:21

Image du Net
Sa v oirs edon ner e tre ce voirsa ns com pter ; u necl éd elaf élic ité…
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 19 Avril 2010 17:39

Une femme parfaite
Elle était parfaite, absolument parfaite… tout ce qu’il attendait chez une femme. Des femmes réelles aux femmes de fiction, elle, était géniale. Ses interventions étaient de plus en plus appréciées, elle était à ce jour complètement intégrée à cet espace virtuel. Elle y était parfois mystérieuse, un peu fragile, un peu canaille, telle qu’il aimait.
Il était bien, beaucoup mieux, même sa vie avec Florence s’était améliorée…
Florence, c’était 30 ans de vie commune et si elle avait en partie échouée c’était sans doute parce que Florence était bien trop différente de lui, elle réussissait si bien ce qu’elle entreprenait. Il y avait bien aussi de son côté quelques petits problèmes de santé, mais rien n'était facile.
Et puis son pseudo à elle était ravissant et sensuel- Chanel Number One- Il aimait ce parfum…
Il avait commis quelques petites erreurs, mais Chanel avait vite rectifié. Il cherchait pour elle des sujets intéressants. Il aimait sa manière toute particulière de mettre en valeur ses écrits. Oui, il était amoureux, il n’en revenait pas lui-même…
Une ombre fugace l’effleura, au dernier message de Chanel, il s’était senti un peu mal, quelque chose clochait… il lui sembla qu’il y avait quelque chose de Florence et même de lui… Il relut les derniers messages dans le dossier: Pseudo Chanel .
Il ferait désormais plus attention, Chanel devait rester Chanel, ne pas refaire les mêmes erreurs, c’était si bon d’être amoureux !
Mis à jour (Mercredi, 14 Avril 2010 16:57) Écrit par Fany Mercredi, 14 Avril 2010 16:53

Animallumette
Petite bête en bois qui s’enflamme dès qu’on la frotte.
Mis à jour (Mardi, 13 Avril 2010 20:10) Écrit par Fany Lundi, 12 Avril 2010 16:54
Elle était heureuse, vraiment. Cet état la soulevait, elle irradiait ; son bonheur était visible et indécent, mais elle en profitait pleinement, surtout ne pas arrêter l’ascension, surtout ne pas écouter cette petite voix qui venait du fond des abysses de la raison. Le bonheur était éphémère, elle savait, elle se donnait à fond, elle avait si peu de temps… et c’était surtout ça. Mon Dieu, combien elle était maladroite ! Elle mesurait son manque d’expérience en matière de bonheur- le bonheur s’inscrivait là, maintenant…-
Des années plus tard, malgré la chute vertigineuse- quasi mortifère, - malgré les reproches de sa petite voix, elle souriait encore de ce bonheur.
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Samedi, 03 Avril 2010 06:51

Oui, elle avait promis ; elle serait sage, non, il ne lui manquait rien, non, elle ne bougerait pas, non elle n’avait pas envie d’aller aux toilettes. Oui, elle était assez grande pour comprendre.
Les réponses suivaient les questions, elle, n’avait pas prononcé un seul mot !
La porte d’entrée venait de claquer comme elle l’avait entendu claquer des dizaines de fois, la grosse clef tourna dans la serrure, les portières de la voiture claquèrent aussi, le moteur ronronna, la voiture s’éloigna et un silence complet s’installa.
Contrairement à la plupart des autres jours, il avait plu. L’humidité remontait par le sol pavé de la petite remise qui lui servait de chambre, le salpêtre luisait encore un peu plus sur les murs, et par instants, l’ampoule blafarde grésillait au bout d’un cordon tissé. Elle tourna l’interrupteur et gagna le lit. Elle frissonna, l’humidité s’était aussi installée dans les draps. La fenêtre basse de la vieille ferme qui donnait sur les iris et les œillets, laissait passer le vent et les bruit de la nuit.
Elle se pelotonna un peu plus dans le trou du matelas de laine. Elle plissa les yeux très fort, quand elle entendit trotter les souris. Elle appela tout bas « Maman » et enfin, de grosses larmes jaillirent…
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Vendredi, 26 Mars 2010 13:45
Tu me demandes si c’est chez moi… Non, c’est à 400mètres (en face ;-) ). Hier le temps était plutôt gris et vers 17 heures quand ma fille est rentrée du collège, le soleil a daigné nous faire l’honneur de sa présence ☼, chouette ! Elle aime son coin et me parlait des belles jonquilles exposées plein soleil et sans ombrage et me proposait de faire des photos. Il y a un HIC ! le propriétaire du terrain est spécial… on s’y frotte pas, malgré ses + de 80 ans, il a toujours un fusil à plombs… gare à celle ou celui qui s’approche. Mais elle sait bien, elle est allée en bord de route, faire des photos et là, le monsieur n’avait pas son fusil, il lui a ouvert son domaine ; parc, poules, lapins, étang et lui a offert un bouquet… comme quoi… ! Comment résister…

Derrière un noisetier tortueux...
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Samedi, 13 Mars 2010 22:12
Vivre , c’est vibrer…dans
l’espace infini et exponentiel de l’amour et de la peur…
Fany
Mis à jour (Mardi, 23 Février 2010 17:45) Écrit par Fany Mardi, 23 Février 2010 17:23

Soleil levant sur la Petite Creuse. Claude Monet.
Inspiration de matins...
Réveil tout en douceur et somnolence, silence, chaleur/J’entends tout de ce silence, les pattes de velours, le radiateur, mon cœur, le dehors/ J’attends juste un peu, le spectre de lumière qui s’agrandit me guide, je redoute la sonnerie/ Je sens déjà l’odeur du café que je vais faire/ Mue, le corps se meut/ Jambes, bras, bouche sont très indépendants, le cerveau baille et s’étire/ Je suis partie avant la sonnerie, fuir avant l’agression et je marque un point/ Elle va miauler, je devance et je dépose en obole des croquettes pour garder, gagner un deuxième point/ Phase de réveil léger ; le café noir coule, la matière grise circule sous l’odeur, tout se précise/ Sourire… je vous vois, les elles et les ils, mes absents- j'aime que ça dure- j'ai tant à vous dire.../ La phase du réveil léger se termine , je sais, car les images se replient, brusquement/ Soupir dans les bruits de tasses et de cuillères et de cordes vocales/ Bonjours et baisers/ Ça commence presque toujours comme ça/ …Réveil profond/

Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Mercredi, 06 Janvier 2010 15:02
Je vous raconterai, après...
A bientôt 
Fany
Mis à jour (Mardi, 30 Novembre 1999 01:00) Écrit par Fany Lundi, 16 Novembre 2009 21:29
Demeurer inachevé (e)... source de jeunesse ... ??? Charme, bagout ... à fleur de peau, de pot ... et des, des toiles et d'étoiles et de nos voies lactées ... Bonne soirée
Fany
Mis à jour (Dimanche, 01 Novembre 2009 08:24) Écrit par Fany Samedi, 31 Octobre 2009 18:48

Il se recueillait devant le miroir, le temps n’avait pas été sympa avec lui, le charme des tempes grises et des cheveux blancs, ce n’était pas pour lui. Quelle déception ! Il fut saisi d’une forte envie de pulvériser tout ce qui se trouvait autour de lui. Le portable vibrait dans sa poche. C’était elle.
- Je suis dans le train, tout va bien, enfin.
- Enfin, oui. Je t’attends, il faut que je raccroche. Je t’aime.
- Moi aussi.
Il lui avait dit tant de fois, elle, beaucoup moins. Il n’arrivait pas à remettre de l’ordre dans ses pensées, ni à calmer les battements de son cœur, ni ses incertitudes.
C’est à ce moment que Marie-Josée entra dans la salle de bains sans faire attention à lui, plus exactement, fidèle à elle-même. Elle n’attendit pas le baiser de composition qu’il lui octroyait matin et soir à contre cœur, en guise de bonjour et de bonsoir. Elle lui lança en sortant « le café est prêt » .
Quelques instants après, comme un automate, il se dirigea, vers la salle à manger, fixa la pendule, il calcula que Catherine serait là dans 7h et 29 minutes… . Marie-Josée dit qu’elle se rendrait au marché et passerait au pressing et lui demanda s’il avait besoin de quelque chose. Il secoua la tête.
Elle ajouta que Grégoire avait appelé et qu’ils l’attendaient demain vers midi. Que les enfants seraient ravis surtout la petite Maude. Elle passerait commander une orchidée chez Marco pour Hélène.
Dès qu’elle fut sortie, il se précipita vers son ordinateur, vit qu’il avait oublié de mettre son mot de passe et trouva le dernier message de Catherine ouvert. Après le poème habituel, elle lui rappelait les horaires du train. Quel con il faisait !et si Marie-Josée se doutait ? Oui, elle se doutait sans aucun doute, comme à chaque fois. Son cœur se serra. Ce n’était pas prévu cette invitation chez Grégoire…
Il retourna dans la salle à manger, débarrassa les reliquats du petit déjeuner ; fixa à nouveau la pendule, encore 6h45 à tuer.
Dans une heure, il avait rendez-vous chez le Kiné…
En rentrant de chez le Kiné, il s’allongea sur le divan et prit un livre, mais il n’arrivait pas à fixer son attention. Il resta là, ferma les yeux.
Il n’entendit pas Marie-Josée rentrer, il s’était assoupi, fatigué de cette nuit où il n’avait fait que cogiter sur ces deux jours. Ce fut elle qui le réveilla pour le prévenir que le repas serait prêt dans un quart d’heure. Il chercha la pendule du regard, midi un quart…

Dans le train, Catherine était totalement absorbée dans un livre dont elle avait beaucoup parlé avec Jean, elle cherchait l’argumentation, les phrases clés. Emprunter aux chefs d’œuvres de la littérature, c’était le secret…
En fait, elle s’était sentie un peu coupable d’avoir fomenté dans ses moments de grande exaltation de sa part, tant d’espérance, elle voulait être crédible et , et ce week- end où Pierre gardait les enfants, l’arrangeait bien. Mais cependant, elle avait l’avantage (quoiqu’il arrive, d’avoir été sollicitée, donc quoiqu’il en soit, elle pourrait toujours revendiquer à son avantage, la situation.) Oui, elle lui avait dit l’aimer, elle maniait les mots avec beaucoup d’aise et savait s’en servir. En fait, elle l’aimait bien pour de vrai, il la confortait toujours, il lui donnait même les cartes du jeu. Il lui était fidèle ,si fidèle… Il était de ces hommes, qui était prêt à tout- à rien, aussi- et elle en avait tout à fait conscience. De plus, il lui avait même proposé de l’aider financièrement pour ce voyage, en fait, elle n’avait rien à perdre. Lisa, sa propre fille, ne croyait pas son prétexte de la rencontre d’un nouvel éditeur, elle avait merdé sur le coup-là.
Ses pensées revinrent vers l’autre, ce plus jeune, sa dernière blessure… Son estomac la tiraillait, elle se dirigea vert le wagon-restaurant. Il était midi un quart.

Il n’y avait pas trop de monde au marché. Marie-Josée se dirigea vers l’étal d’un marchand d’habits saisonnier, elle avait repéré une écharpe la semaine dernière, elle savait que sa sœur raffolerait d’un tel présent. La marchande l’accueillit avec un grand sourire. Elles se connaissaient bien, en effet, la jeune femme avait séjourné de longs mois à l’hôpital juste avant qu’elle, ne prenne sa retraite. Oui, elle s’était liée d’amitié avec elle, elle avait lutté de toutes ses forces contre cette maladie qu’elle avait connue aussi et qu’elle avait vaincue, mais qui avait fait un affront irréversible à sa féminité.
Deux ans qu’elle était en retraite. Elle avait eu du mal à se retrouver à la maison, toute la journée avec Jean. Elle avait, heureusement, un goût prononcé pour la lecture- à laquelle elle s’était adonnée les nuits de garde- elle pouvait maintenant dévorer des ouvrages et partager ses avis avec les membres du club de lecture qu’elle avait fondé. Et puis, elle peignait, vendait ses aquarelles… ces activités l’aidaient à supporter sans trop peine, le « flop » de son mariage. La venue de Catherine, elle s’y attendait et, elle n’avait pas été surprise du mail découvert par hasard ce matin, alors qu’elle voulait vérifier les horaires des bus sur internet. Elle en voulait à Jean, elle ne désirait rien savoir de ses petites histoires sentimentales, mais elle n’aborderait pas le sujet. Il avait toujours été volage, même avant qu’elle fut malade. Quand il était en activité, c’était pire. Ce qu’elle ne supportait pas, c’était ses ruptures, il faisait l’enfant… s’attendrissait sur son propre sort. Comment s’appelait cette autre déjà ? Claire ou Clara… oui Clara. Dans le cadre de son travail, elle était venue l’interviewer dans son magasin d’antiquités, il s’était promis de lui montrer quelques raretés qu’il lui permettrait de faire un article sensationnel. Trois mois de rencontres et Clara était repartie à Paris quand il se montra moins empressé et surtout moins généreux… .
Depuis sa retraite, il passait beaucoup de temps sur Internet, il continuait à glaner des informations sur la profession, les nouvelles trouvailles en matière d’antiquités. Il avait commencé à lui parler de « Kat » qui recherchait une édition originale d’une livre rare et qui était vraiment une femme formidable. Ce jour là, elle coupa net la conversation. Il n’insista pas. Depuis, il s’était acheté un portable qu’il ne quittait jamais. Cette histoire avait commencé depuis presque trois ans… ça n’allait plus guère durer.
En rentrant de courses, elle le vit dormir sur la banquette, elle savait bien qu’il avait passé une nuit épouvantable, elle remarqua que ses traits étaient tirés, autant le laisser dormir. Elle n’était pas d’humeur à supporter son agitation. Elle le réveillerait à midi un quart.

Pierre consulta sa montre, il devait aller chercher Lisa et Louis à la gare, leur mère Catherine était partie rencontrer un éditeur. Les enfants resteraient huit jours, ils passaient généralement toutes les vacances scolaires chez lui. Lyon était trop loin du Puy pour se voir plus souvent…et, du haut de ses 17 ans, Lisa était lasse de venir toutes les quinzaines… il y avait les copains et les copines, même si elle aimait beaucoup son père.
Louis souffrait beaucoup de la séparation de ses parents et préférait sa campagne, c’est vrai que pour un enfant de 8 ans, cette ferme était le paradis et son père avait comme il disait » le plus beau métier du monde ». Pierre était vétérinaire.
Adossé à la fenêtre, une tasse de café brûlant à la main, il contemplait son domaine, son horizon était immense, des cirrus chevelus, annonçaient une belle journée… Il commençait à faire froid…il ranima le feu dans les cendres de la veille et déposa trois bûches d’un mètre, ça tiendrait une bonne partie de la journée. Il brancha le répondeur pour diriger les appels chez son ami Frank qui prendrait le relais de son travail pour ces trois jours.
Il entendit une auto arriver, pas de doute possible c’était Suzy et sa vieille 4L .Suzy … merveilleuse Suzy . Avant de venir se pendre à son coup, elle se remplit une tasse de café et caressa Sam qui était venu l’accueillir et ne la laisserait pas avant d’avoir eu son bonjour.
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